Petit prélude à l'attention des égarés de google atterris en ces lieux après quelque clic hasardeux (je me demande encore comment il se fait que quelqu'un cherchant « chatouiller concombre magnétique » ait pu s'échouer sur ma prose quelque peu éteinte ses derniers temps). Ce prélude, disais-je, a pour but d'éviter une lecture aussi pénible qu'inutile à leur recherche aux cuisiniers expérimentaux (j'ai beaucoup aimé le « Breton au poireaux et les Orléanaises ») ainsi qu'aux fêtards recherchant des alcools exotiques. Ce billet ne traite pas d'alcool fort et des manières de l'utiliser outre-atlantique, mais de la cousine Californienne de l'association GENEPI (groupement pour l'enseignement aux personnes incarcérées) le prison university project (ou PUP pour les intimes).

Résumé des épisodes précédents : après avoir donc poussé la porte du Genepi (il était temps après 4 ans d'école et 2 de thèse) l'an dernier, et ayant trouvé l'expérience enrichissante, j'ai, comme vous le savez d'après mes précédents déboires décidé de persévérer dans cette voie, mais les pieds dans le Pacifique pour voir si les prisons y étaient mieux qu'en France(1).

Et donc, après avoir manqué deux journées de formation, j'ai enfin pu faire le nécessaire pour avoir l'autorisation de faire du tutorat de mathématiques, tutorat qui a commencé mercredi dernier.

Et bien, par rapport à ce que j'ai vécu à Perrache, c'est éprouvant ! C'est que l'organisation n'est pas tout à fait la même. L'an dernier, je préparais un cours qui durait environ deux heures et demie, et je ne m'occupait que d'un détenu. Ici, point de cours à préparer, l'intervention dure deux petites heures, mais ce sont 50 détenus à gérer à cinq volontaires. Et c'est qu'ils sont demandeurs et motivés les bougres ! Pas une minute de pause, toujours une explication à donner, une correction à faire, debout à courir à droite et à gauche entre les deux salles de classe !

Autant vous dire que j'ai eu un gros coup de barre en sortant. Mais c'est très satisfaisant aussi comme intervention. Ici, le résultat est immédiat puisqu'ils viennent avec des questions précises, et la réponse est immédiate, contrairement au processus de construction d'un cours, qui est beaucoup plus lent et plus frustrant quand on n'a que le tiers de l'horaire hebdomadaire nécessaire(2).

Mais donc voilà, ma lutte contre l'adversité a enfin payé. J'aime beaucoup cette façon de se rendre utile à la société.

(1) Ce qui, étonnamment vu que nous avons l'un des deux pires systèmes carcéraux d'Europe, est loin d'être le cas...

(2) Néanmoins, je pense que sur le long terme, un cours (quasi particulier de surcroît) doit apporter plus de satisfaction des deux côtés...