Prendre le bus aux États-Unis
Par CoucouHibou le lundi 16 mars 2009, 07:09 - Impressions - Lien permanent
C'est donc à 22h, après avoir pris un bain bien chaud pour me détendre d'une après-midi sportive que je me rends compte que je ne vous ai pas écrit mon billet à-peu-près-hebdomadaire.
Et pour cette semaine, vous aurez donc le droit à mon second plantage de journée d'information pour le prison university project, qui est, qui l'eût cru, le GENEPI local. La première fois que j'avais manqué le coche, c'était de ma faute et je l'assume pleinement. Pour ce coup là, je veux bien accepter une part de responsabilité, mais les compagnies de bus Américaine ne sont pas pour rien dans ma double boulétisation.
Pour vous situer un peu le contexte, je devais prendre le BART jusqu'à la fin de la ligne, Richmond, à deux stations de chez moi, puis prendre la ligne de bus dont le numéro est la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste qui m'eût ensuite permis de traverser la baie dans le sens trigonométrique afin de me retrouver à la prison de San Quentin (où jadis Johnny Cash donna un concert, soit dit en passant). « Bref », me dis-je, « rien de bien insurmontable, ça ne devrait pas prendre plus d'une demi-heure ». Connaissant ma forte propension à rater les choses les plus simples (comme mixer une soupe par exemple), je pris une heure pour faire bonne mesure...
J'arrive donc à Richmond un quart d'heure après avoir quitté mon domicile, et là, première galère : impossible de trouver le bus 42. Les arrêts 72, 800, 74 et 76 répondaient présent, mais pas d'arrêt pour le 42. Je tourne, regarde tous les arrêts possibles (mais pas les bus, sinon j'eusse vu passer le fameux 42), puis je me décide à demander ma route à quelques personnes qui attendaient d'autres bus. J'évitais soigneusement les personnes qui semblaient trainer dans le coin sans but, une de mes collègues m'avait dit deux jours plus tôt que la station RIchmond, si je m'y retrouvais par hasard, il ne fallait pas sortir et prendre dare-dare le BART retour... Gulps !
Il fallait attendre à l'arrêt pour le bus 72, logique non ? Et le temps de trouver ça, il était environ 12h30... Dommage, le bus 42 passait à 12h23, à raison d'un bus par heure le week-end, eh meeeeerde... J'appelle le bureau de l'association afin de prévenir de mon retard. Je me trouve alors nez-à-nez (ou plutôt oreille à puce électronique via un haut parleur) avec un serveur vocal sibyllin qui me demande d'appuyer sur un bouton pour joindre machin, bidule ou truc, puis se contrefout de mon appui et recommence sa rengaine (voir la chanson LAMC de Tool sur l'album Salival. Il semblerait que je ne sois pas le premier à qui ça arrive). Perdant patience j'ai appuyé beaucoup sur le bouton 3, ce qui m'a donné accès au répondeur de quelqu'un, j'ai donc pu savoir qu'une de ces personnes n'avait pas reçu de message... Énorme !
Me voilà donc patientant, en compagnie de la personne serviable qui m'avait indiqué le bon arrêt et les horaires et qui devait aller voir son mari en prison. Elle a malheureusement fini par perdre patience dans cette attente de bus. J'ai trouvé ça un peu triste de savoir que son homme l'attendrait sans doute en vain...
Bref, le fichu bus finit par arriver. Je monte, « - Vous allez où ? - À la prison de San Quentin. - C'est 3.75 $ ». Je tends donc mon billet de 20 dollars, et là, damned, j'apprends qu'on ne rend pas la monnaie dans un bus de cette compagnie... Une autre personne serviable me fille toute sa bicaille plus 3 billets de 5 contre mon 20$, j'y perds, mais au moins je suis dans le bus...
Celui-ci démarre, et fait son petit bonhomme de chemin, traverse la baie... N'ayant pas vu le signal habituel sur les bus de Berkeley pour demander l'arrêt (une petite corde sur le côté pour sonner une cloche du côté du chauffeur, modernité quand tu nous tiens), je me dis que le chauffeur a dû retenir l'endroit où je descendait (puisqu'après tout je payais en fonction)... Je vois passer la prison... Je ne vois pas le premier vague panneau qui ressemble a un arrêt de bus, (mais rien à voir avec ceux qu'il y avait du côté de Richmond), j'en laisse passer un deuxième, et c'est après que je me décide à demander à une dame comment on arrête ce sacrebleu de chauffeur à mémoire courte... Il y avait des bandes jaunes dans un style décoratif qui servaient à ça (un bouton rouge, ça vous dit pas ? Non ? Bon...)... J'arrête donc le bazar, change de trottoir et attend le bus suivant (encore 1/2h) et me retrouve à la prison à 14h30 (j'avais rendez-vous à 13h aux bureaux de l'association, que je croyais naïvement être dans la prison). Le portier ne sait tout d'abord pas ce que c'est que ce "Prison University Project", puis finit par tilter, essaye de les appeler... Rien.
Je retourne donc prendre le bus, me demandant si j'avais rêvé le "nos bureaux sont face à l'arrêt de bus de la prison de San Quentin" lu dans un mail... C'est en rentrant chez moi, et regardant ledit mail que je me suis rendu compte que l'arrêt San Quentin "aller" n'est pas au même endroit que l'arrêt San Quentin retour... Et qu'il n'y avait donc aucune raison d'aller vers la prison, qu'il eût fallu lui tourner le dos, passer sous l'autoroute et faire 500 mètres vers le nord...
Caramba ! Encore raté !
Commentaires
ouah ! Tu es carrement motive si tu reiteres une troisieme experience ;-)
Redoutable... Tu parles d'un parcours du combattant !
"la ligne de bus dont le numéro est la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste"
--> Trop fort ! Même si apparemment ça ne résoud pas tous les problèmes...