Il est possible que ce titre de billet en étonne plus d'un (en fait, c'est le but recherché, hihi), la vallée de la mort étant plus réputée en tant que four qu'en tant que glacière (encore que, même en été, elle doit bien se défendre sur cet aspect lorsque la nuit tombe).

Mais pourtant, croyez-le ou non, la première randonnée dans la neige que j'aie faite de ma vie, c'est donc dans la vallée de la mort qu'elle a eu lieu(1).

Mais nous ne partions pas complètement ignorants de la situation. On s'en doutait même plutôt fortement après avoir vu les photos classiques du point de départ, un des multiples lieux d'intérêt touristiques de cette vallée (les charcoal kilns, j'en reparlerai). De plus après le mal de crâne de la veille, pour lequel nous soupçonnions le froid d'avoir joué un rôle certain, nous avons préféré prendre deux précautions plutôt qu'une... Enfin 5 pour ma part : 3 t-shirt, un pull et une polaire (ainsi que la jolie écharpe offerte par MC et le chapeau Aussie, mais celui là, je ne le quitte jamais ou presque !).

Et pour être sûr de ne pas tomber en panne d'énergie pendant la montée, nous décidâmes, en guise de préambule, d'aller nous caler l'estomac avec un petit déjeuner Américain au restaurant de l'hôtel. Nous n'avons pas été déçus du voyage ! On nous a servi une énorme plâtrée d'œufs brouillés, mélangés à des poivrons et oignons frits, de la saucisse le tout copieusement saupoudré de Cheddar et de Jack cheese.

Seulement voilà, à faire tout le nécessaire pour ne pas se retrouver en rade au milieu de la montagne, nous avons oublié un petit détail : le réservoir d'essence n'était plus plein qu'au quart, et il nous fallait faire 70 à 80 miles aller-retour dans la journée... Alors, cela ne me paraîtrait absolument pas dramatique sur ma petite titine franchouillarde avec son moteur 1 litre, mais il ne faut pas oublier que :

- aux États-Unis, les voitures consomment plus du fait de leur plus gros moteur et de leur boîte merdomatique

- il y avait pas mal de montagne dans le trajet

- la jauge d'essence de la voiture, en plus de la boîte de vitesse, était du genre merdique : à rester au milieu pendant 100 miles puis descendre brutalement, ce qui nous a trompés au départ...

C'est donc après avoir parcouru une vingtaine de miles que nous réalisâmes que ce ne serait pas suffisant pour faire l'aller retour... Nous avons donc décidé de faire demi-tour, non sans s'arrêter pour faire une jolie photo sur le bord de la route, la seule station essence des environs étant à notre point de départ.

BordRoute.jpg

Une heure de perdue plus tard, nous étions revenus au même point, une heure après (soit à 10h30), nous arrivions à ce qu'il conviendrait d'appeler un petit passage technique : une piste dont le dernier kilomètre avant le parking était couvert de neige bien glissante. L'épreuve était au dessus des capacités de notre modeste véhicule que nous avons donc garé sur le bas côté afin de continuer à pieds jusqu'aux charcoal kilns. Ces drôles de bêtes que j'ai déjà évoquées plus haut étaient en fait des fours permettant de fabriquer du charbon de bois pour le traitement des minerais de plomb et d'argent qui étaient extraits dans le voisinage.

CharcoalKilns.JPG

Après avoir exploré ces fours de pierre, nous prîmes le départ de notre rando : 4.2 miles aller et 670 m de montée jusqu'au sommet, le tout dans une couche de neige faisant entre 0 et 20-30 cm (peut-être plus derrière les crêtes)... Mine de rien, c'est pas facile ! C'est que sa s'effondre la neige, surtout sans raquettes ! Mais nous avons pu prendre de jolies photos de paysages et de cactus enneigés, ainsi que de drôles d'emballages dont nous n'eussions pas aimé voir le contenu...

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Après 3 heures de patinage dans la semoule, nous étions tout de même à ce que nous avons estimé être 300 mètres du sommet, mais il était 14 heures, nous étions fatigués, nous avions fini par avoir faim, et je craignais que la descente ne soit pas tellement moins longue que la montée, une bonne partie du chemin s'étant faite à flanc de coteau (pas plus pratique qu'une montée franche lorsqu'il y a de la neige). Or si nous mettions ne serait-ce que 2 heures pour redescendre, cela ne nous laissait qu'un quart d'heure de marge avec le coucher du soleil (en réalité 1/2 heure, le soleil se couche plus tôt dans la vallée) et pas tellement plus avec la tombée de la nuit, rapide en cette saison. Nous avons alors décidé de faire les petits joueurs et de faire demi-tour.

Nous étions aux fours à 15h45, et au moulin (la voiture quoi) à 16h... Au temps pour moi ! Mais mine de rien, mon calcul sur le coucher de soleil n'était pas si mauvais, et descendre plus tard (1/2 heure plus tard sans doute si nous avion fini la balade) ne nous aurait pas laissé beaucoup de marge en cas de pépin à la descente...

Un petit regret donc, de ne pas avoir pu admirer le panorama sur la vallée. Mais quelque part c'est un mal pour un bien puisqu'en nous retournant à nos pénates, nous avons pu observer de superbes lumières sur la montagne avec le coucher su soleil.

MontagneCoucher.JPG

Finalement, la véritable erreur de cette journée aura été d'oublier l'essence... Mais nous nous sommes vengés le lendemain...

(1) Oui, j'avais été prévenu de ne pas suivre la rando à la frontale traditionnellement organisée lors de la semaine sport-études des agrégatifs de sciences physiques...