Un Breton à San Francisco

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dimanche 14 décembre 2008

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Encore une semaine que je n'ai pas vu passer ! Rien d'étonnant à cela, ceci dit, j'ai eu pas mal de choses à faire, tant au labo qu'à la maison. Pour le labo, je raconterai un peu ce qu'il en est dans un autre billet (notamment sur le fait de se retrouver brutalement à essayer de donner un orientation à la recherche de 3 personnes, moi inclus).

Pour la maison, c'est une autre paire de manche. Là aussi il faut prendre des initiatives, mais je suis un peu plus bridé puisque j'attends toujours que la princesse me rembourse (voir le billet précédent).

J'ai néanmoins un plumard (mais ce n'est pas une surprise), mais surtout je commence à me donner les moyens de faire de la cuisine. Sur ce plan, j'ai plutôt de bonnes surprises. Non seulement j'ai pas mal de bons produits pas très loin de chez moi (Natural Grocery Store), mais en plus je trouve plein d'équipements à la fois dans le système métrique et dans le système anglo-saxon (pour les masses et les volumes), ce qui me facilitera grandement la tâche de la retranscription des recettes du spondy ou de la luciole...

Autre grande avancée de la semaine, qui a vu sa conclusion aujourd'hui, c'est l'obtention d'internet et du téléphone chez moi. Ce genre de choses eût dû arriver il y a 3 jours de ça, mais parmi les 3 prises téléphone de ma maison, les deux plus visibles étaient mortes.

J'ai découvert la 3e prise aujourd'hui, cachée sous une grosse couche de peinture. Elle a le double avantage d'être fonctionnelle et bien placée, tout va donc bien les copains, je suis connecté.

La suite des évènements ce sera l'arrivée d'une table, de 4 chaises et d'un micro-ondes, ainsi que l'achat futur d'un canapé pour pouvoir accueillir les oiseaux de passage que j'espère nombreux !

vendredi 5 décembre 2008

Home sweet home...

Voilà déjà 5 jours depuis mon premier billet sur ce blog, et 12 jours depuis que je suis ici... C'est face à de telles constatations (dont l'évidence ferait même rire Lapalisse) que le pilleur de Desproges que je suis écrit : "comme la pilule, comme le stérilet, comme le temps passe..." Et d'ajouter précipitamment "mais je m'écarte du sujet, et ce n'est pas en s'écartant du sujet que l'on va repeupler la France".

Parce que le sujet du jour, c'est le début, vu que j'ai déjà raconté la fin la semaine dernière.

Donc : ça y est, je passe ma première nuit dans mon nouveau "chez moi" !

Pour commencer, je vais vous décrire l'endroit. C'est une petite maisonette à l'arrière d'une maison plus grande, avec une chambre, un séjour, et une cuisine plutôt grande et bien équipée (cuisinière à gaz, frigo, machine à laver, sèche linge). La salle de bain est propre, et il y a même une baignoire. L'endroit est plutôt bien orienté et dans un quartier vraiment tranquille. À proximité du centre-ville local (El Cerrito), ainsi que du transport rapide trans-baie de San Francisco (le BART) pour le cas où il pleuvrait trop pour aller au labo en vélo (5 miles quand même !).

Bref, une maisonnette pas toute neuve, ni vieille, mais plutôt bien entretenue et confortable... Enfin, quand j'aurai mon plumard ! Oui parce que là, je m'apprête à passer une nuit à même le sol (heureusement que la moquette est neuve), suite à une recherche peu fructueuse de lit bon marché et disponible rapidement. J'ai fini par opter pour le moyen marché qui me convient très bien (futon), disponible rapidement (demain soir). Bon, je me suis laissé arnaquer à prendre un futon cover à 100$ alors qu'il y avait des alèses chez ikea pour 2 ou 3 fois moins, mais heureusement pour moi, ils ne font pas payer la livraison ("you're lucky" me disait la vendeuse... Mouais).

Mais avant d'arriver à louer cette demeure petite-bourgeoise, j'en aurai envoyé des dizaines de mails, et fait des dizaines de kilomètres à pieds entre Berkeley, Albany et El Cerrito, les trois villes à distance raisonable de mon labo et pas trop craignos pour le frêle Européen que je suis.

Il faut dire que, mine de rien, sur Craigslist, les gens sont timides. Ils ne répondent pas trop aux mail (et je n'ai toujours pas de téléphone, vachement plus pratique dans ce but), ou bien s'ils répondent, ça peut-être du scam... Bon, et puis il faut dire aussi qu'arriver pendant Thankgiving n'est pas forcément une bonne idée, les gens sont plus occupés à farcir leur dinde (oh oh !) qu'à louer des apparts !

Mais au final, j'ai quand même fini par visiter une (petite) dizaine d'appartements. J'ai vu diverses choses : du taudis (à 900$/mois quand même), vieux, froid, délabré (appelé cottage, sans doute pour faire rustique) au somptueux palace depuis lequel j'écris ces lignes, en passant par l'immeuble que je n'ai pu visiter, faute de manager/landlord au rendez-vous, mais sans regret : les ordures dans la cour, les musiques à fond la caisse s'échappant de deux ou trois apparts, les mecs qui crachent sur le palier, n'ont pas des masses contribué à me mettre dans un climat de confiance (traitez moi de chochotte si vous voulez, ça me passe au dessus (;-)=).

À l'extrême opposé, j'ai aussi eu le droit, pendant que Pierre était encore là, à un discours du genre "oui, vous pouvez louer ici, c'est très sûr. On ferme tout à clefs, on se connaît tous, du coup si on voit un visage qu'on connaît pas, on peu intervenir..." Bienvenue en Amérique !

Donc après 12 jours à l'hôtel (dont 10 aux frais de la princesse... Avancés par moi, faut pas pousser (;-)=), me voici à dormir par terre en attendant que mon futon se fasse. J'ai une couette et des oreillers, c'est le principal ! Il ne manquera plus que les tatamis, mais ça ce sera pour quand la princesse m'aura remboursé !

Post-scriptum : j'ai plutôt passé une bonne nuit, ma couette et ma moquette sont très confortables à elles deux !

vendredi 28 novembre 2008

Et si c'était par la fin que tout commençait ?

Je lisais beaucoup de bouquins (de Roald Dahl notamment) qui avaient une quatrième de couverture portant ces mots quand j'étais petit. Je les trouve plutôt bien adaptés pour le cas présent : dire tout ce que je n'ai pas réussi dire avant de partir de France, raconter comment j'ai vécu la fin de cette longue période Lyonnaise.

Parce que mine de rien, ils s'en sont passées des choses en 7 ans, au niveau travail, famille, patrie (eh oui, Le Pen au second tour, c'était en 2002), et surtout amis, dont le nombre dans mon entourage à sacrément augmenté.

Et donc il a fallu ranger tout ça : tous ces papiers divers, de l'administratif au personnel en passant par tout mon travail qui a progressivement évolué du travail d'étudiant à celui de chercheur débutant.

Il a fallu aussi voir tout le monde, profiter de vos présences avant cette mise en distance de nos relations. C'était bizarre d'être à la fois content de vous voir et un peu cafardeux de vous mettre entre parenthèse (avec intermèdes, et j'y tiens) pendant tout ce temps.

D'autant que mon organisation déjà peu optimale d'ordinaire était devenue carrément catastrophique avec le bazar supplémentaire induit par mes problèmes de visa.

Me voilà donc arrivé, je suis encore dans une période de transition puisque je ne suis pas encore installé, je n'ai pas encore de projet scientifique bien défini, pas d'appartement pour l'instant mais ces choses viennent, je profite juste de la pause de Thanksgiving pour raconter mes états d'âme pré-departum sur la toile. Ce n'est certes pas très pudique, mais je ne crois pas l'avoir jamais beaucoup été en matières d'états d'âmes de toutes façons.

Voici donc le blog du Hibou qui commence par la fin, mais promis, je vais me mettre à raconter le début dès qu'il y aura lieu de le faire.

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