Un Breton à San Francisco

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lundi 9 mars 2009

Breton Joke

Et tant pis pour ceux qui ne connaissent pas Patrick Ewen :

Extrait de conversation à Plounéour Ménez (avec l'accent Breton, pour ceux qui ne connaissent pas, voir le début de cette vidéo) :

- Le temps n'est pas fameux aujourd'hui !
- Non, et hier non plus...
- Et demain ?
- Y a un halo autour de la lune...
- Ah ? Ça veut dire quoi ?
- Signe de pluie

Halo1.JPG

Bon, ici, les signes météorologiques doivent être différents puisque ce halo a signé la fin de presque un mois de pluie et de vent... Bon point : le vent est en train de revenir sans la pluie, par contre, c'est marée basse et le CSC est fermé !

jeudi 26 février 2009

Les joies des sciences expérimentales

En partant de Lyon, on m'avait dit que dans mon nouveau labo, je commencerais par construire mon matériel avant de commencer à faire des expériences. Comme j'ai été engagé sur un projet plutôt théorique, je ne m'en suis pas vraiment inquiété au premier abord. En arrivant ici, il m'a d'abord fallu comprendre sur quoi je travaillerais, quels objectifs je voulais atteindre etc. Bref des choses auxquelles j'étais plutôt habituées, avec en plus la composante "dire quoi faire" à un, puis deux étudiants (le 3e étant celui qui a mis en place les expériences préliminaires, il en sait plus que moi et n'a pas vraiment besoin d'être "dirigé" pour l'instant).

Mais quand il s'agit de passer à la pratique, les choses se compliquent un petit peu. Car si à Lyon je travaillais surtout sur le développement et la compréhension de méthodes impulsionnelles (autrement dit, comment programmer la machine pour que ça marche), ici, avant de faire mumuse avec de la programmation, il me faut développer un montage qui va permettre d'observer et de manipuler un signal (grâce au parahydrogène), et ce en l'absence totale de champ magnétique (cette fois, un certain concombre peut bien me traiter de mauviette, même s'il se goure sur les chiffres).

Donc il faut construire tout ça, le tout en donnant des instructions à des étudiants qui n'attendent que ça, tout en coordonnant le tout pour que, d'ici deux semaines, on arrive à avoir une plomberie pour gaz inflammables fonctionnelle, mobile et adaptable sur un spectromètre à haut champ "classique" comme sur un magnétomètre, caché par un bouclier magnétique. Ce dernier servant à masquer le champ de notre chère planète qui fait rien qu'à narguer les physiciens qui peinent à faire fonctionner leur expérience VKS (qui doit être un autre ordre de grandeur de complexité expérimentale, soit dit en passant).

Alors autant vous dire que, après avoir passé 4 ans à considérer que les outils que j'utilisais étaient assez compliqués et donc construits par une entreprise spécialisée, et n'ayant utilisé que la plomberie se limitant à l'air comprimé nécessaire pour faire tourner mes échantillons, j'ai eu un petit coup de stress la semaine dernière quand il s'est agit de donner des instructions alors que je ne savais moi-même pas très bien où j'allais...

Mais, si je stressais parce que je ne savais pas les diriger, c'est grâce à mes étudiants que j'ai pu me familiariser cette semaine avec les systèmes internes au département de chimie pour la fabrication ou la commande de pièces compliquées (comme un corps de sonde par exemple, ou un panneau fonctionnel pour monter de la plomberie pour propylène et hydrogène, sans que le tout ne risque de me péter à la figure). Nous avons donc bien avancé les plans de notre montage et j'espère qu'on aura tout construit à temps pour notre créneau expérimental. Au final, j'ai un peu stressé, mais je travaille quand même avec des gens chouettes, et en plus j'apprends des choses... Je sers la science et c'est ma joie !

mercredi 25 février 2009

Visite nocturne (1)

Il est six heures et d'mie
Je tourne dans mon lit
Je sens contre mon pied
un truc froid

Ceci m'est étranger
Mais qu'est-ce que c'est ?
Un criquet de Jérusalem

Brutal'ment réveillé
Je regarde ce criquet
Il a un' drôle de tête
Il se cache

Il s'enfuit en courant
Tout lentement
Le criquet de Jérusalem

Longue est la nuit
À tourner dans mon lit
À allumer la bougie
Au moindre bruit

...

Il faut dire que ça fait bizarre de se faire réveiller par une bestiole inconnue qui, bien que beaucoup plus petite que moi (mais de bonne taille pour un insecte), a quand même une sale tête, qui lui vaut apparemment une belle quantité de noms, d'après wikipedia : niño de la tierra, Earth baby, cara de niño, wó see ts'inii (Navajo pour "insecte crâne"), old bald-headed man, potato bugs.

Enfin tant que je n'ai pas le même genre de surprises que ma chère sœur, qui, en plus des cafards "king size" quotidiens, eût un jour une redback spider comme comité d'accueil sur sa table, je ne me plains pas. Enfin, n'oublions pas que ces brave petites arachnides à dos rouge sont cousine des veuves noires Californiennes et malmignattes Corses et Provençales(2), alors ne faisons pas les malins...

Mais pour revenir à notre criquet, il faut savoir que malgré sa sale tête, il est plutôt inoffensif, et il a tendance à manger des racines mortes, donc pas dans le top du crade, c'est toujours ça... Là où ça devient marrant, c'est qu'il ne fait pas partie de la même espèce que les "vrais" criquets et qu'il n'y en a pas à Jérusalem. On se demande donc bien pourquoi le nom retenu est celui là alors qu'il y en avait tellement d'autres bien plus imagés. J'aurais bien une explication, mais elle suppose de mettre le doigt dans l'engrenage...

Bon, c'est qu'il a réussi à détrôner mes dé(stress)es de laboratoire dans mes priorités bloguesques cet insecte ! Pas de panique cependant, je vous les raconterai demain ! Eh oui, ayant flemmardé devant la théorie du big bang le week-end dernier et partant skier avec mes collègues samedi et dimanche, il me faut patcher pour tenir un rythme d'un billet par semaine

(1) Sur un air de Thomas Fersen : la blatte
(2) Et rarement, Morbihanaise, si si !

lundi 16 février 2009

Avis de Grand Frais

Le billet de cette semaine sera enthousiaste ! Eh oui, figurez-vous que je reviens tout juste d'être allé chatouiller la brise (la dame de la météo marine eût dit : force 6 à 7 Beaufort, localement 8 en rafales mollissant 4 à 5 en milieu d'après-midi), et c'était bon !

Il faut dire que Dame Nature avait bien fait les choses pour mon véritable rebaptême des éléments : pluie, vent et grains... Pour peu que les gens eussent parlé Français, je me serais cru en Bretagne ! Je parle de véritable reprise de la planche à voile car les clapotages effectués par force 2 les semaines précédentes n'avaient pour but que de me rassurer quant à mes souvenirs de la manipulation de l'objet. Ceci dit, sans avoir particulièrement brillé dans les manœuvres, j'ai réussi à me débrouiller suffisamment pour être satisfait.

Je vous épargne mes critiques de ces planches de débutant nouvelles génération (courtes et larges) qui enfournent au moindre clapot et qui ont tendance à partir au vent dès qu'on veut se placer trop à l'arrière (sauf si la dérive est dans l'eau, mais ça n'a aucun intérêt), mais qui ont quand même l'avantage d'accélérer beaucoup plus par rapport à leurs aînées de 3m50... Avec un peu de chance, je devrais bientôt pouvoir abandonner ces chers bibendums pour des planches plus fines à condition que je trouve quelqu'un pour constater que je sais gréer une voile, empanner, virer de bord et remonter au vent (ce que j'ai pu vérifier dans des conditions un peu fortes aujourd'hui, c'est cool).

Après cette petite séquence de massage "à la Bretonne", il fallait bien rentrer à la maison (en vélo et sous la pluie, merci la cape Quechua !) histoire de se prendre une bonne tisane bien chaude avec des céréales et des fruits (il faudrait que je me fasse du quatre quarts tiens, ce serait idéal !), après quoi une douche brûlante et une soupe aux asperges et je pourrai aller dormir sur mes deux oreilles... On pourrait objecter que je n'ai pas été raisonnable vu la maladie qui m'a plombé la semaine, mais ça valait le coup !

dimanche 8 février 2009

Retour vers le passé

Récemment, je me suis fait cette réflexion : depuis que je suis ici, pas mal de choses me ramènent environ 10 ans en arrière. J'évoquais le fait de vivre seul et loin de mes connaissances la semaine dernière, et ça m'a un peu rappelé la transition subie entre mes 18 ans de confort familial et amical Brestôa et les mœurs spartiates de ma vie de préparationnaire Nantais.

Non pas que l'état d'esprit soit exactement le même, le stress associé à la perspective de 2 ou 3 années difficiles avec concours à la clef n'a rien à voir avec celle, plutôt riante au demeurant, d'avoir à faire le boulot que j'aime dans une des villes dont on dit qu'elle fait partie des plus agréables au monde (sans vouloir enlever à Nantes le statut de ville agréable, soit dit en passant).

Autre chose qui me ramène encore plus loin : la vie au bord de la mer. Là encore, je retrouve des sensations que j'avais oubliées. Par exemple, lorsque je pédale jusqu'à la marina de Berkeley pour faire de la planche ou aider au club, j'aime beaucoup le fait de sentir la mer avant de la voir. Et toujours au club de voile (auquel je vais une fois par semaine en moyenne), je suis content de retrouver les gestes que j'avais appris avant de quitter Brest. Ma chère sœur me demandait l'autre jour où est-ce que j'essayerai d'aller lors de mon retour en France, et si je lui ai répondu spontanément "la Bretagne", c'est en bonne partie pour ça, je pense...

Enfin, une dernière petite chose toute bête que je n'ai pas entendue depuis presque 10 ans, c'est les aboiements d'un gros chien noir. Dans mon quartier il y a un chien qui aboie presque comme Gurun. Je repense à tous les problèmes qu'on avais avec le voisinage à cause de ces aboiements, et je me dis qu'en l'occurrence, ce n'est pas moi qui irait en faire à ce voisin là !

dimanche 1 février 2009

De la vie sans cothurne

De tous les changements que la vie Californienne apporte à mon quotidien, l'un des plus importants est l'absence de cothurnes... Mine de rien après 7 ans de vie à plusieurs, j'avais un peu peur de la brutalité du changement.

Pourtant, j'ai choisi de regarder dans les annonces Craigslist plus pour des appartements que pour des collocations. La seule expérience de collocation Américaine directement parvenue à mes oreilles ainsi que l'aspect plutôt estudiantin-festif des quelques annonces zyeutées par moi m'ont fait craindre le résultat de la loterie... J'avais envie de changement aussi, et puis j'ai fini par trouver (non sans mal d'ailleurs) un chouette appart' alors les rares collocations qui avaient l'air sympa n'avaient toujours pas répondu...

Au final, je suis plutôt content de ce choix parce que l'adaptation n'a pas été si difficile, je dirais même plus qu'elle fut plutôt agréable... Non pas que ma vie en colloc' fut désagréable, bien au contraire, mais comme je le disais, j'avais envie de changement...

Mine de rien, je réalise (du moins je crois, je leur laisse un droit d'objecter) que j'avais tendance à me reposer sur mes chers cothurnes pour pas mal de choses allant des tâches ménagères jusqu'aux activités distrayantes diverses et variées qu'ils pouvaient proposer...

Alors évidemment, me retrouvant tout seul, c'est à moi de tout assurer, de l'aspirateur à la programmation musicale (ce qui n'est pas nécessairement un mal pour ce dernier point) en passant par la vie sociale. Tout ceci me donne l'impression de vraiment mener ma barque (ou plutôt ma planche à voile) alors qu'avant je me laissais aller au gré ces courants.

Bref, puisqu'Obama a été élu, il fallait bien que, venant aux États-Unis, moi aussi, je change... Que je me mette à faire du ménage plus d'une fois tous les 3 mois, que je me remette à la planche à voile, que je varie mes menus (d'autant que je n'ai toujours pas trouvé de gnocchis ni de lardons ici... Mais j'ai pas beaucoup cherché non plus), et que j'essaye même de décrocher des jeux flash chronophages, mais c'est pas encore gagné... Enfin, je garde quand même l'essentiel, la danse (j'abandonne le rock pour les claquettes cependant), les jeux de plateaux et le ciné ont encore une place de choix dans mes activités...

Par contre, il y a encore deux choses que je n'arrive pas à faire régulièrement alors que ça me manque : lire des bouquins et écrire des lettres. Cette dernière activité n'a vu qu'une seule bafouille sortir de ma plume, et c'était il y a trois semaines, ce qui commence à faire long... Il faut vraiment que je décroche de ces fichus jeux (à l'attention de Jym, le dernier en date s'appelle Gravitat... Mais si tu suis la rubrique "Chronophage du jour" du journal Libération en ligne, tu trouveras tous mes pièges à temps).

dimanche 25 janvier 2009

Small differences...

Vous savez ce qui est le plus drôle avec les États-Unis ? Ce sont les petites différences... Il y a à peu près les mêmes choses ici et en Europe, mais il y a tout plein de petites différences. Par exemple, vous savez comment ils appellent un Royal Cheese au McDonald ? Un Quater-Pounder with Cheese... À cause du système de mesure anglo-saxon...

Sans vouloir vous la refaire à la Tarantino, c'est vrai qu'il y a pas mal de petites choses qui changent entre notre chère vieille Europe et ce nouveau et fringant continent. Je pense notamment à tout ce qui touche aux achats en général, du système de paiement à l'organisation des magasins...

Le système de paiement est, pour le coup, assez horripilant. Lorsque j'ouvris mon compte en banque, je me vis tout à coup doté d'un compte courant, d'un compte d'épargne, avec la carte de débit qui va avec, et on tenta de m'ouvrir un compte de crédit... La raison pour laquelle on ne l'a pas fait est que je n'avais pas encore de numéro de sécurité sociale... J'en ai un depuis deux semaines maintenant, mais je ne sais toujours pas si je vais aller à la banque pour faire les démarches me permettant de payer à crédit.

Pourtant, il paraît que ce serait pratique que je le fasse. Pourquoi ? Parce que ça m'éviterait de payer une caution à chaque abonnement (gaz, électricité, téléphone) que je prends, ça me permettrait d'avoir un découvert sans payer 40$ par transaction quand mon compte est en négatif etc... Mais que voulez-vous, je n'aime pas l'idée de pouvoir avoir des dettes envers des gens que je ne connais pas, et qui pourraient même être totalement inamicaux en ce qui concerne les questions d'argent. D'autant que c'est le genre de trucs où le paiement différé est de mise, et tête en l'air comme je suis, j'oublierais et me retrouverais avec des arriérés à payer, non merci ! Donc, je me suis résolu à avoir de l'argent un peu partout dans la nature... Du moment que je le récupère au final...

Pour ce qui est de l'organisation des magasins, autant vous dire que ça peut être assez rigolo. Commençons par les magasins spécialisés. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes qu'en France (on trouve des magasins d'aspirateurs, et uniquement de cela, par contre je n'ai pas encore trouvé la moindre papeterie), par contre s'ils sont spécialisés, ils n'hésitent pas une seconde à se diversifier. Ainsi il est possible de trouver du bœuf pour faire un barbecue à la droguerie du coin, et si vous cherchez un téléphone, une "pharmacie" pourrait très bien faire l'affaire...

Les magasins généralistes et les supermarchés sont quant à eux, à peu près comme les nôtres, à deux différences près... Tout d'abord, on y trouve des produits Américains, jusqu'ici, rien d'anormal... Par contre, l'organisation desdits produits dans le magasin laisse parfois à désirer. Il est tout à fait possible de trouver deux produits identiques (de marque différente ou pas) à des endroits qui n'ont absolument rien à voir (du papier toilette au milieu des produits d'entretien de la salle de bain, ça ne vous choque pas ? Près des cartes de vœux, c'est moins banal)... Il y a certainement une logique derrière ça, mais elle m'échappe. Sans doute devrais-je demander des cours à une organisatrice de gondoles de mes amies à l'occasion...

Enfin, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre !

lundi 19 janvier 2009

Où il est encore question de rongeurs arboricoles...

Bon, il faut vraiment que je prenne en photo ces petites bêtes (je sens déjà la Luciole trépigner d'impatience) tant elles sont rigolotes... Mais parfois un peu chiantes quand même puisqu'elles ne font rien qu'à cavaler sur mon toit les matins de week-end alors que j'essaye de roupiller(1) !

Cette envie de les prendre en photos (ou plus exactement de prendre mon appareil et d'aller traîner dans les coins où les écureuils abondent, la fac par exemple) me vient du fait que la semaine dernière, en allant chercher des pizzas pour nourrir le séminaire hebdomadaire, j'en ai vu un, obèse(2) (il eût fait passer n'importe quel autre écureuil, bien nourri, du campus pour un enfant du Sahel) tranquillement posé dans un arbre, assis sur son derrière comme tout être humain eût pu faire en de pareilles circonstances, et boulottant un champignon à moitié gros comme lui !

Dorénavant (et la fulgurance du raisonnement scientifique établi sur cette observation m'étonne moi-même), on sait que l'on peut être écureuil et totalement décomplexé !

(1) Je me suis vengé en ouvrant brutalement les stores de ma cuisine en faisant "BOUH !" alors qu'ils avaient changé de terrain de jeu pour les arbres qui jouxtent la face ouest de mon logis

(2) ne vous inquiétez pas, même obèse, ça reste mignon

vendredi 16 janvier 2009

Le mixer

Bon, c'est pas le tout d'équiper sa cuisine, encore faut-il que je raconte comment je m'en sers... Et comme l'une de mes résolutions de mon passage aux États-Unis était de me faire moi-même une bouffe plutôt saine, il y a du boulot sur le sujet !

Or donc entre tous les bon p'tits plats que je m'étais faits jusqu'à la semaine dernière, la soupe était la seule exception à la règle du "fait par mézigue". Mais v'là-t-y pas qu'entre l'achat d'un aspirateur et celui d'un vélo, je me suis dit qu'un mixer, ça ne serait pas mal pour faire des soupes, justement. En plus, il n'y a pas que les soupes dans la vie, il y a aussi les smoothies et les piña coladas...

C'est donc armé de mon mixer flambant neuf (et Allemand) que je me suis lancé dans la confection d'une soupe que j'avais déjà faite trois ou quatre fois avec un robot-marie bien d'chez nous. La confection de la soupe n'étant pas spécialement intéressante en soi (voir plus bas pour ceux intéressés par la recette), je passe directement à la partie marrante : le mixage.

Donc, à la différence du robot-marie, le mixer de style Américain (le genre "Will It Blend" version Black & Decker) est formé d'un récipient plus ou moins fermé, et assez haut, ainsi que d'un moteur pour entraîner les hélices situées au fond du récipient. Le "plus ou moins fermé" a son importance... Et, contrairement à ce que le lecteur pourrait penser, il vaut mieux qu'il soit plutôt moins fermé que plus... Dans une certaine mesure, entendons-nous bien.

Prenant donc mon courage (et mon fait-tout) à deux mains, je remplis le mixer avec le mélange de liquides et de solides chauds, non pas au maximum, mais aux 2/3. Je craignais en effet une petite farce de la physique de type "tout liquide en rotation dans un récipient fermé grimpe aux rideaux". Et pour ne pas prendre de risque, je mis le couvercle et appuyai fortement sur le petit bouchon mal fixé (à dessein, mais je ne le réalisais alors pas) sur le dessus...

Et là, erreur fatale ! La pratique-du-chimiste-ayant-déjà-utilisé-une-ampoule-à-décanter-avec-un-solvant-volatil, restée au placard pour le coup, eût dû me faire remarquer que mon liquide était chaud mais que l'air au dessus n'était pas saturé de vapeur au moment de la fermeture. La petite alarme de l'encadrant de TP de chimie qui d'habitude dit : "putain, Roux, mais t'es vraiment trop con !" "attention, situation dangereuse", eût alors sonné, sachant que La pression dans le bouzin allait augmenter (dans le pire des cas, doubler, peu probable cependant) au moment où j'allais commencer à mixer la soupe.

Les circuits de sécurité du Hibou n'ont donc pas fait leur office, et ce qui devait arriver arriva : la pression monta dans le mixer et repoussa le couvercle (maintenu par moi, je ne suis pas très costaud, mais quand même !) vers le haut. Et comme la physique, en plus de faire de la thermo, faisait toujours de la mécaflu, ladite soupe monta allègrement jusqu'au bord du couvercle. Le mélange forte pression+liquide sur une petite ouverture fit son office et généra donc une jolie fontaine de soupe dans ma cuisine...

Mixer 1 - Hibou 0

Voulant nettoyer ce bazar, je voulus retirer le récipient du socle moteur. Pour ce faire, il fallait le dévisser d'un quart de tour... Mais ce que je n'avais pas prévu, c'est que les hélices, qui forment le fond du récipient, n'en étaient pas complètement solidaires... Elles pouvaient se dévisser elles aussi... Voilà donc que je dévisse mon récipient en le tenant par l'anse (et non la base), et que je l'amène vers le fait-tout pour le vider. Je constate alors comme une fuite en bas... J'ai eu le bon réflexe cependant (il était temps !), je me suis tourné vers l'évier en retenant d'une main le fond du pichet, qui a fini par céder, répandant le reste de ma première moitié de soupe dans l'évier, snif !

Mixer 2 - Hibou 0

Fort de ces expériences malheureuses, j'ai réussi à mixer le reste de la soupe et à faire un repas convenable (mais sans reste pour une fois). Maintenant, j'ai acquis une meilleure maîtrise de l'objet : je laisse légèrement ouvert quand je commence à mixer des liquides chauds, je le dévisse en tournant la base etc... J'ai ainsi pu me faire une bassine de soupe aux légumes ce soir, avec juste un peu d'éjecta, mon dosage de l'ouverture du bouchon dans les premiers instants n'étant pas encore tout à fait optimisé...

Score final :

Mixer 2 - Hibou 1

C'était un beau match, et en guise de 3e mi-temps, la recette de la soupe :

Il faut :

- 4 courgettes

- 2 oignons

- 1 gousse d'ail

- 1 (ou 2 ou 3...) fromage(s) de chèvre (frais c'est bon, mais demi-sec c'est mieux)

- 1 cuiller à soupe de moutarde (facultatif, ça acidifie pas mal quand même)

- cumin, sel, poivre (et éventuellement muscade, mais c'est pas obligé)

Coupez les légumes et mettez-les dans le fait-tout, recouvrez d'eau, salez, poivrez, épicez à votre gout. Laisser cuire 20 à 30 minutes puis coupez le feu. Ajoutez le fromage et mixez (ahah).

dimanche 11 janvier 2009

Death Valley : épilogue

Pardonnez-moi ce trou de 2 jours dans la narration de notre virée dans l'un des endroits les plus secs du monde, mais j'ai été pris en traître par un jeux chronophage qui m'a mangé 2 soirées sans coup férir.

Donc il me reste à raconter le retour, qui ne fût pas tellement différent de l'aller, à quelques détails près (et notamment, le temps était franchement bien meilleur au retour), dont un qui laisse présager de futures balades fort intéressantes. La vallée de la mort étant quasiment voisine de la Giant Sequoia National Forest, nous avons tenté de couper par cette dernière pour le retour, le temps étant plutôt clément.

Alors, nous avons a moitié raté la route qui nous eût permis de traverser le parc de Sequoia (je dis à moitié parce que nous n'étions pas sûr de ne pas nous retrouver nez à nez avec un col bloqué, du genre de celui de Yosemite, voir prologue), mais nous avons tout de même réussi à bifurquer pour aller voir les montagnes au sud du parc.

Au début, le raccourci n'était pas franchement joli. Plutôt glauque même. Nous sommes passés par un bout d'Amérique profonde où les gens se logent dans des caravanes ou des maisons de bric et de broc, dans un décor de campagne pauvre semi-industrialisée. Le tout sur un plateau pelé où la seule attraction semblait être les sources chaudes, juste à côté de l'autoroute...

C'est après avoir passé ce plateau, en prenant la vallée qui menait vers Bakersfield que nous avons pu voir un paysage plus riant, constitué d'un petit torrent au fond d'une vallée à la fois verte et un peu rocailleuse, parfois clairsemée, parfois pleine de petits arbres plutôt jolis.

Retour.jpg

Cet endroit était indiqué comme la limite du parc de Sequoia, alors si le reste est à l'avenant, je veux bien aller y faire un petit tour un de ces jours moi...

jeudi 8 janvier 2009

Death Valley, Chapitre 3 : bouquet final !

Pour cette dernière journée dans la vallée de la mort, nous avions des objectifs moins élevés que la veille, mais plus nombreux. Au programme : aller voir le soleil se lever depuis les dunes de Stovepipes Wells, puis petit déjeuner et allers vers Scotty's castle pour y admirer Hubehebe Crater et ses petits frères, enfin revenir vers Titus canyon et prendre la tangente vers son voisin, Fall canyon, afin d'éviter les voitures.

En premier lieu donc, objectif dunes... Cette fois on connaissait l'heure du lever de soleil, et on ne risquait pas la panne d'essence, le lieux étant à moins de 2 km de l'hôtel... Le lever de soleil fût de toute beauté. Les dunes de Stovepipe Wells (ou Mesquite Dunes) ne culminent certes pas à 200 m d'altitude contrairement aux Dunes d'Eurêka (situées à 50 miles au nord, dont 20 de piste pour 4x4), mais elles sont super jolies et accessibles (à tel point qu'elles ont vu passer de nombreux tournages de films, dont Star Wars !). Alors dans le soleil levant, je vous fais juges de la beauté du lieu :

SwiftDune.JPG

DunesLever.JPG

DunesOmbres.JPG

Une fois nos p'tits yeux rassasié par ces jeux d'ombres et de lumières, il était temps d'aller caler nos petits estomac avant de parcourir les 30 et quelques miles qui nous séparaient de la trace laissée là 2000 ans plus tôt par quelque modeste éruption volcanique... Cette fois-ci, pas question de commander le petit déj' "béton" de la veille : jus d'orange, café (ou plutôt devrais-je dire jus-de-chaussettes) à volonté, et toasts...

Après quelque miles sans histoire, nous abordons un paysage de dunes noires, tranchant singulièrement avec les couleurs claires de la vallée... Un arrêt sur le bord de la route nous apportât en plus l'information que ce n'était pas du sable, mais une sorte de gravier poreux, probablement du basalte dont la lave avait dû contenir pas mal de gaz (le lecteur géologue rectifiera s'il y a lieu). En un mot comme en cent, on s'approchait de la gueule de la bête qui a craché, il y a entre 4000 et 7000 ans de ça, quelques hectomètres cube de roches (le cratère fait 800 mètres de large pour 200 mètres de profondeur environ), tout ça parce qu'une remontée de lave a eu la bêtise de tenter de s'incruster dans une nappe phréatique...

Hubehebe.jpg

Le résultat est plutôt impressionnant, n'est-ce pas ? Mais personnellement, j'ai trouvé les environs encore plus jolis, et notamment le petit frère nommé Little Hebe...

LittleHebe.JPG

Après avoir renoncé à faire 27 miles de piste à 4x4 pour aller vers le lit du lac de Racetrack Playa (où des cailloux facétieux tracent des pistes dans la boue sans que l'on n'aie jamais vu quoi que ce soit bouger ni ne sache vraiment comment il se déplacent...), nous nous sommes demandés si faire le tour complet du gros cratère présentait un intérêt, mais finalement nous avons décidé qu'il valait mieux aller vers Fall canyon, ce dernier faisant 3 miles de long jusqu'à la première chute sèche, 6 jusqu'à la seconde (infranchissable). Une fois arrivés sur le parking, nous mangeâmes un petit pique-nique avant d'entamer une randonnée qui s'avèrerait en fait assez longue...

Mais il faut bien reconnaître que ça valait le détour. Le canyon (comme tout collecteur d'eaux pluviales je suppose) débouchait sur la vallée en un immense boulevard de gravier entouré par des murailles de roches diverses (et plus dures que dans Golden canyon, indubitablement), s'approchant et s'éloignant au gré des méandres.

FallCanyonTop.JPG

FallCanyonBack.JPG

Cette promenade s'est terminée peu après la chute sèche qui doit donner son nom à l'endroit. Je dis "peu après" car ladite chute pouvait être contournée par un chemin de cabri sur le flanc du canyon.

RockWorld.jpg

Mon père et moi étions prêts à faire demi tour après avoir grimpé les cailloux quand deux personnes (que vous pouvez voir sur la photo précédente) nous ont enjoint à continuer pendant au moins 200 mètres (sur les 3 miles qui restaient jusqu'à ce qu'il conviendrait d'appeler la "chuteuh finaleuh !") afin d'aller admirer un splendide verrou qu'il y avait là. C'est là qu'on se dit que la force du torrent en période de gros orage doit être phénoménale : entre 10 et 15 mètres de hauteur de roche lisse dans un passage faisant 2 ou 3 mètres de large, il ne vaut mieux pas être en train de camper là au mauvais moment !

FallCanyonNarrow.jpg

Nous avons donc pu rentrer satisfaits, tout juste pour admirer le coucher de soleil depuis le parking. Après un retour à l'hôtel sans histoire et un plein d'essence, nous étions fin prêts pour affronter la route du retour le lendemain...

mercredi 7 janvier 2009

Death Valley, Chapitre 2 : Prom'nons nous dans la neige...

Il est possible que ce titre de billet en étonne plus d'un (en fait, c'est le but recherché, hihi), la vallée de la mort étant plus réputée en tant que four qu'en tant que glacière (encore que, même en été, elle doit bien se défendre sur cet aspect lorsque la nuit tombe).

Mais pourtant, croyez-le ou non, la première randonnée dans la neige que j'aie faite de ma vie, c'est donc dans la vallée de la mort qu'elle a eu lieu(1).

Mais nous ne partions pas complètement ignorants de la situation. On s'en doutait même plutôt fortement après avoir vu les photos classiques du point de départ, un des multiples lieux d'intérêt touristiques de cette vallée (les charcoal kilns, j'en reparlerai). De plus après le mal de crâne de la veille, pour lequel nous soupçonnions le froid d'avoir joué un rôle certain, nous avons préféré prendre deux précautions plutôt qu'une... Enfin 5 pour ma part : 3 t-shirt, un pull et une polaire (ainsi que la jolie écharpe offerte par MC et le chapeau Aussie, mais celui là, je ne le quitte jamais ou presque !).

Et pour être sûr de ne pas tomber en panne d'énergie pendant la montée, nous décidâmes, en guise de préambule, d'aller nous caler l'estomac avec un petit déjeuner Américain au restaurant de l'hôtel. Nous n'avons pas été déçus du voyage ! On nous a servi une énorme plâtrée d'œufs brouillés, mélangés à des poivrons et oignons frits, de la saucisse le tout copieusement saupoudré de Cheddar et de Jack cheese.

Seulement voilà, à faire tout le nécessaire pour ne pas se retrouver en rade au milieu de la montagne, nous avons oublié un petit détail : le réservoir d'essence n'était plus plein qu'au quart, et il nous fallait faire 70 à 80 miles aller-retour dans la journée... Alors, cela ne me paraîtrait absolument pas dramatique sur ma petite titine franchouillarde avec son moteur 1 litre, mais il ne faut pas oublier que :

- aux États-Unis, les voitures consomment plus du fait de leur plus gros moteur et de leur boîte merdomatique

- il y avait pas mal de montagne dans le trajet

- la jauge d'essence de la voiture, en plus de la boîte de vitesse, était du genre merdique : à rester au milieu pendant 100 miles puis descendre brutalement, ce qui nous a trompés au départ...

C'est donc après avoir parcouru une vingtaine de miles que nous réalisâmes que ce ne serait pas suffisant pour faire l'aller retour... Nous avons donc décidé de faire demi-tour, non sans s'arrêter pour faire une jolie photo sur le bord de la route, la seule station essence des environs étant à notre point de départ.

BordRoute.jpg

Une heure de perdue plus tard, nous étions revenus au même point, une heure après (soit à 10h30), nous arrivions à ce qu'il conviendrait d'appeler un petit passage technique : une piste dont le dernier kilomètre avant le parking était couvert de neige bien glissante. L'épreuve était au dessus des capacités de notre modeste véhicule que nous avons donc garé sur le bas côté afin de continuer à pieds jusqu'aux charcoal kilns. Ces drôles de bêtes que j'ai déjà évoquées plus haut étaient en fait des fours permettant de fabriquer du charbon de bois pour le traitement des minerais de plomb et d'argent qui étaient extraits dans le voisinage.

CharcoalKilns.JPG

Après avoir exploré ces fours de pierre, nous prîmes le départ de notre rando : 4.2 miles aller et 670 m de montée jusqu'au sommet, le tout dans une couche de neige faisant entre 0 et 20-30 cm (peut-être plus derrière les crêtes)... Mine de rien, c'est pas facile ! C'est que sa s'effondre la neige, surtout sans raquettes ! Mais nous avons pu prendre de jolies photos de paysages et de cactus enneigés, ainsi que de drôles d'emballages dont nous n'eussions pas aimé voir le contenu...

MontagneEnneigee.JPG

CactusNeige.JPG

Mue.JPG

Après 3 heures de patinage dans la semoule, nous étions tout de même à ce que nous avons estimé être 300 mètres du sommet, mais il était 14 heures, nous étions fatigués, nous avions fini par avoir faim, et je craignais que la descente ne soit pas tellement moins longue que la montée, une bonne partie du chemin s'étant faite à flanc de coteau (pas plus pratique qu'une montée franche lorsqu'il y a de la neige). Or si nous mettions ne serait-ce que 2 heures pour redescendre, cela ne nous laissait qu'un quart d'heure de marge avec le coucher du soleil (en réalité 1/2 heure, le soleil se couche plus tôt dans la vallée) et pas tellement plus avec la tombée de la nuit, rapide en cette saison. Nous avons alors décidé de faire les petits joueurs et de faire demi-tour.

Nous étions aux fours à 15h45, et au moulin (la voiture quoi) à 16h... Au temps pour moi ! Mais mine de rien, mon calcul sur le coucher de soleil n'était pas si mauvais, et descendre plus tard (1/2 heure plus tard sans doute si nous avion fini la balade) ne nous aurait pas laissé beaucoup de marge en cas de pépin à la descente...

Un petit regret donc, de ne pas avoir pu admirer le panorama sur la vallée. Mais quelque part c'est un mal pour un bien puisqu'en nous retournant à nos pénates, nous avons pu observer de superbes lumières sur la montagne avec le coucher su soleil.

MontagneCoucher.JPG

Finalement, la véritable erreur de cette journée aura été d'oublier l'essence... Mais nous nous sommes vengés le lendemain...

(1) Oui, j'avais été prévenu de ne pas suivre la rando à la frontale traditionnellement organisée lors de la semaine sport-études des agrégatifs de sciences physiques...

mardi 6 janvier 2009

Death Valley, Chapitre 1 : bagnole et maux de têtes

Lorsqu'on lit les guides sur la vallée de la mort, on voit beaucoup de choses sur les splendides lever et coucher de soleil à Zabriskie Point, Dante's view ou encore aux dunes de sable de Stovepipe Wells (là où nous logions)... Pour ce premier jour, nous décidâmes que, puisqu'il fallait de toutes façons se déplacer jusqu'au centre d'information près de Zabriskie point afin de payer notre dû aux rangers, nous verrions le soleil se lever de ce lieu fort prisé (à tel point qu'il a donné son nom à un film, qui a lui même donné son nom à un groupe de punk intello Nantais, dont le chanteur a fini par faire un bouquin, puis un film, sur l'enseignement dans un collège difficile, ce dernier point n'ayant rien à voir avec la choucroute, je crois qu'il est temps de fermer cette parenthèse).

Estimant l'heure du lever de soleil à la louche et à 7h30, nous nous levâmes à 6h30, afin de prendre un petit déjeune succin et froid, composé de pain, de jambon, de confiture de fraise et d'eau, puis nous ripâmes nos galoches vers les badlands colorés de Zabriskie point. Là nous constatâmes avec amertume que :

1) le soleil était sur le point de se lever, soit 1/2 heure plus tôt que ce que je pensais 2) on ne serait pas à Zabriskie point avant 3/4 d'heure...

Autant pour le lever de soleil...

Malgré ça, notre vision de ces terrains ravinés par les douches printanières (qui semblent rares, certes, mais franchement violentes à en juger par le nombre de "flash floodable area" que nous avons vus) sous le soleil matinal n'était quand même pas dégueulasse...

Zabriskie.jpg

Je tiens à préciser que les quelques photos que nous avons prises de cet endroit se firent au prix d'une attente dans le froid, parce que Sa Majesté l'Astre du Jour se prélassait mollement derrière un nuage...

Une fois nos yeux satisfait de tant de beauté minérale, il était temps de se bouger vers le centre d'information pour payer le droit d'entrée du parc et tenter de trouver des cartes topographiques pour randonner pépère dans le Golden Canyon. Ce qui fût dit fût fait, mais en guise de carte topo, nous n'avions rien de plus que ce que nous avions déjà, et la rangeuse de service nous a même précisé que, de toutes façons, il n'y avait pas de chemins, ou peu, dans la vallée... En gros, "c'est un coin pour touristes, dans lequel il est dangereux de randonner en été de surcroît, alors on ne va pas s'emmerder à faire des pistes qui ne servent à rien... - Oui, mais le Gower Gulch loop indiqué par le guide dans le Golden Canyon là ? - Débrouillez-vous, de toutes façons vous pouvez aller où bon vous semble."

Si j'avais lu un peu plus attentivement le guide donné par le centre d'info, il m'eût été facile de voir que le "loop" dont il était question pouvait aussi se prendre de Zabriskie point, et que cette info était cruciale pour connaître la bonne direction à prendre... Nous voilà donc partis dans le Golden Canyon, fort joli au demeurant, sensé déboucher d'un côté sur une randonnée de 4 miles en boucle, de l'autre sur une formation géologique appelée Red Cathedral...

RedCathedral.JPG

Seulement, persuadé que j'étais de ne trouver aucune indication pour le Gower Gulch loop, je nous ai alors entraîné dans le premier sous-Canyon praticable qui se présentait... Mais dans un paysage modelé par le ruissellement des torrents, ce genre de bifurcation est monnaie courante (je me risquerai même à dire que ça doit être vaguement fractal), et je me gourai donc lamentablement. Mais ce n'était pas forcément un mal puisque nous crapahutâmes une heure et demie hors des sentiers battus, dans des rigoles rigolotes et colorées.

GoldenCanyon.JPG

GoldenCrete2.JPG

C'est en revenant dans le Canyon principal que nous nous aperçûmes de ma bévue et que les ennuis ont aussi commencé... Mon papa voulait continuer la rando initialement prévue, mais moi j'avais un coup de barre et commençais à être de franchement mauvaise humeur, traînant des pieds et avec une légère barre sur le crâne, signes qui annonçaient une bonne migraine des familles (eh oui, je suis le digne fils de mon père).

Nous quittâmes donc ce canyon pour se poser un peu dans la voiture, le temps d'aller vers Badwater, le point le plus bas des États-Unis...

JacquesMaillol.JPG

Eh oui, -86m, voilà qui ferait passer Jacques Maillol et Enzo Mallorca pour des petits joueurs... Mais l'intérêt de ce lieu ne réside pas tellement dans cette inhabituelle altitude, mais plutôt dans le paysage salé qu'il peut offrir suite à la cristallisation du sel sur la boue accumulée en ce point le plus bas de la vallée après une grosse pluie. Le genre de photo touristique que l'on trouve ressemble pas mal à ça, mais dans notre cas, la dernière pluie devait dater et le sel avait beaucoup trop cristallisé... Quoi qu'il en soit, le lieux donnait quand même une idée de l'enfer que devait être la traversée de cette vallée au 19e siècle, par 50 degrés à l'ombre...

BadWater.jpg

Mais mine de rien, ce paysage lumineux ne fait rien pour arranger mon mal de crâne qui commence à devenir pesant. De retour à la voiture, nous mangeons... J'ai du mal à faire descendre...

La suite du programme était de monter à Dante's view, pic situé juste au dessus de Badwater bassin, mais 1700 mètres plus haut... Nous voulons néanmoins faire un crochet par la version US du Natural Bridge (il en existe une version Australienne plus spectaculaire à mon sens), ainsi que par le golf du diable, paysage de sel sculpté par le vent et la pluie... Le canyon de Natural Bridge est sympa, mais le golf du diable, finalement, c'est à peu près la même chose que Badwater, mais en moins bien, et à ce moment là, je commence à ne plus supporter la lumière...

NaturalBridge_US.jpg

Mon état étant de pire en pire, nous décidons (ou plutôt, mon père décide) de rentrer à l'hôtel plutôt que d'aller admirer le beau soleil couchant du haut de la montagne... À ce stade là je suis au plus fort de la crise, nauséeux, photophobe, et mon papa qui n'en mène pas large non plus depuis midi, va mieux que moi, certes, mais n'est pas brillant non plus. Un arrêt salutaire à une station essence pour acheter de la limonade (hors de prix) m'a permis de faire passer la crise peu après avoir passé les dunes de Stovepipe Wells (dont je parlerai après-demain).

Une bonne douche chaude et un repas plus tard, nous avons pu nous coucher plus sereins, prêts à aborder la randonnée du lendemain... Mais cette fois, c'est décidé, lestés d'un petit déjeuner chaud et consistant !

lundi 5 janvier 2009

Death Valley : prologue

Enfin ! Après deux jours de crapahutage dans San Francisco, un jour de préparation de départ paternel, un jour de boulot et deux jours de tri/traitement de photos, je suis enfin prêt à écrire ces billets sur notre périple dans la vallée de la mort.

Mais avant cela, qu'il me soit permis, chers lecteurs, de vous souhaiter une très bonne année 2009, pleine de bonnes choses. Pour ma part, j'ai plus l'impression qu'elle a commencé en Novembre cette nouvelle année, allez savoir pourquoi...

Mais trêve de mes bons vœux sirupeux, passons à du concret. D'autant que si je vous fais baver avec mes photos, vous aurez peut-être encore plus envie de venir voir si c'est vraiment aussi joli que ça la Californie, ce qui pourrait me faire grand plaisir.

Commençons donc par le commencement : le voyage ! Parce que rien que ça, ça vaut le détour. Eh oui, hormis le petit tour pépère fait vers Asylomar à l'occasion de ma première venue à SF en mars dernier, je n'avais jamais pratiqué les routes Américaines. Elles sont assez particulières : autoroutes gratuites, mal entretenues, pas de rails de sécurité, souvent en plaques de béton et non pas en bitume donc probablement dangereuses, et, particularité de l'ouest Américain, elles sont pleines de tumbleweeds(1) les jours de bon vent, comme ce fût le cas ici.

Autre particularité : lorsque l'on n'est pas encore trop dans les montagnes (dans lesquelles le relief ne fait rien qu'à embêter l'équivalent local de la DDE), les routes sont droites comme la justice. C'est une sensation assez étrange, à la fois agréable et inquiétante, de voir cette bande de bitume s'étendre à perte de vue, ou, comme ici, monter tout droit à l'assaut de la montagne(2).

Photo

Cependant, avant d'arriver à cette vision singulière, nous avons dû en faire de la route, et plus que ce que je prévoyais au départ. Oui parce que si vous regardez une carte de Californie attentivement, vous verrez qu'il semble relativement simple d'aller de Bay Area vers les 3 parcs nationaux de l'état. Le plus proche étant Yosemite National Park, traversé par la route 120, qui permet de rejoindre la route 395 qui dessert à la fois Kings Canyon National Park/Giant Sequoia National Forest, et Death Valley National Park. Seulement, si vous faites un zoom sur google map, vous verrez que la route 120 est fermée en hiver, et pour cause ! Elle passe par un petit col à 3000 mètres d'altitude... Retenez donc que pour aller à la vallée de la mort avant le 15 avril au plus tôt (ce qui est quand même plus intéressant/malin que le 20 juillet), il faut prévoir entre 8 et 10 heures de route et non 6.

Mais ne vous inquiétez pas, nous nous sommes amusés comme des petits fous et nous n'avons pas vu le temps passer ! Il nous fallait éviter les fameuses tumbleweeds dont certaines, balèzes, nous faisaient craindre pour la petite mécanique que nous avions louée ; nous avons balisé pour la recherche d'essence, les aires d'autoroute n'étant pas si fréquentes ; nous avons affronté la neige en remontant de Bakersfield vers l'entrée de la vallée... Bref, du bonheur pur jus, renforcée par l'humeur joyeuse de mon géniteur qui, lorsqu'il ne conduit pas, est un peu crispé et a tendance dans de telles circonstances à faire savoir, à grands renfort de décibels, qu'il trouve ma conduite dangereuse, quitte à rendre la situation encore plus critique (je sais que tu me lis, papa, tu vas grogner, mais admet que c'est de bonne guerre (;-)=).

Enfin, après la route, la pluie, la neige le froid et tout ça, nous avons pu enfin trouver la vallée de la mort, le beau temps et le froid également. Mais le froid ne nous a pas empêché de faire une petite pause pour prendre quelques photos des premiers contreforts de la vallée...

Photo

Puis après avoir repris la route sinueuse de montagne, nous avons enfin mis les pieds, ou plutôt les roues, dans la vallée à proprement parler. Mais si le temps était plutôt beau sur les premiers contreforts, la nuit tombante et le nuage qui restait scotché au dessus, ou plutôt au milieu, de la vallée lorsque nous y arrivâmes lui donnaient un aspect "Mordor" tout à fait engageant : jugez plutôt :

Photo

Fort heureusement, nous n'avons pas eu à affronter Sauron (de toutes façons je n'ai rien d'un hobbit), mais une chambre d'hôtel proprette, à la décoration toutefois quelque peu particulière...

Photo

Demain je vous raconterai une première journée riche en photos, en maux de crânes et en trajets en voiture... La vallée de la mort n'est pas optimisée pour les randonneurs courageux en hiver, suicidaires en été...

(1) vous savez, ces "plantes qui roulent", on les voit souvent dans les westerns ou dans the Big Lebowski...

(2) je vous conseille la version grand écran de cette photo (il suffit de cliquer dessus pour du 1024x768, ou de me demander pour une version plus grande), elle rend mieux l'effet visuel que nous avions alors...

vendredi 2 janvier 2009

Retour de vacances*

Enfin, retour... Pour mon Papa, qui ne doit plus être très loin du Groënland maintenant, pas pour moi, je reste... Non pas que je reste en vacances, l'un de mes étudiants a besoin de mes lumières (loupiottes ?) demain pour écrire un projet de thèse (gulps encore une fois), mais je reste dans un lieu qui m'évoque toujours beaucoup les vacances (mais de moins en moins, je l'avoue) alors que je n'y suis jamais venu que dans un objectif de travailler (non sans en profiter, il ne faut pas déconner) !

Ledit lieu qui est devenu sacrément plus accueillant depuis que Noël est passé par là. Maintenant j'ai un salon avec un canapé B/Z (designed in Sweden), une table (très) basse, et des rangements pour le bazar qui jonchait ma thurne...

Je voulais donc juste vous laisser un petit mot pour vous faire patienter en attendant les photos de la vallée de la mort (à laquelle nous avons survécu, étonnant non ?), qui sont en cours de traitement et qui apparaîtront bientôt dans cette rubrique. En attendant, j'ai quand même quelques nouveautés sur ma galerie flickr (qui ne sont d'ailleurs pas complètement déconnectée de ma semaine en compagnie de mon géniteur).

À bientôt (ce week-end probablement) !

  • Titre d'une chanson de Julien Lepers, si jeune Mabuse, la Luciole confirmera !

mardi 23 décembre 2008

Accusé de réception

J'ai bien reçu mon papa. je vous envoie bientôt des photos de nos balades. À bientôt !

lundi 22 décembre 2008

Rêves et bestioles

Comme je l'ai sous-entendu hier soir, je suis dans une période intense au niveau de mon travail. Il me faut comprendre le problème de base de mon projet de recherche, ce qui était relativement facile, ainsi que les ramifications que ça a, ce qui l'est nettement moins.

J'eusse aimé avoir en main toutes les clefs menant à la compréhension de mon problème avant les vacances et j'ai donc pas mal travaillé à essayer de comprendre la rupture de symétrie dans un état singulet, ce qui est facile lorsque la molécule n'est pas symétrique, mais vachement plus subtil quand elle l'est aussi.

Vous me direz : pourquoi vous raconté-je cela alors que le titre de ce billet c'est "rêves et bestioles" ? J'y viens. N'arrivant pas à mes fins, alors que j'ai l'impression que n'importe qui dans le labo pourrait prendre 5 minutes et résoudre mon problème (ils sont forts, très forts), je suis dans un état un peu remonté (contre Dame Nature, qui rend les choses si compliquées), et j'ai par conséquent un sommeil agité.

Ce week-end, je me suis donc fait 2 tours de cadrans à dormir d'un sommeil réparateur mais ponctué de nombreux rêves. En fait, toute la partie nocturne de ma semaine a été émaillée de rêves plus ou moins curieux. Je vais donc vous raconter des histoires de raton-laveur, d'écureuil (avec trop de queues) et de matrice densité.

Ce que je trouve intéressant avec les rêves, c'est qu'on arrive souvent à mettre en relation avec quelque chose de la vie réelle, mais que ça peut-être passablement alambiqué. Dans le cas des écureuils ou des matrices densité, vous verrez que c'est assez clair, mais le fait que j'aie rêvé qu'un raton-laveur avait élu domicile sous ma maison est plus curieux. Tout ça parce qu'en sortant les poubelles dimanche dernier, j'ai dérangé un animal que j'ai cru être le chat du voisin, alors que c'était un truc indéterminé et peureux, qui s'est enfui quand j'ai bougé la poubelle, et dont je n'ai vu que la queue. Queue qui m'a fait penser à une queue de rat, mais je ne crois pas qu'un rat ait des pattes de 10 cm de long (ce qui était déjà gros pour un chat). Je me suis posé la question (et me la pose encore) de quel animal il pouvait bien s'agir. L'image d'un gros rat haut sur patte m'a trotté dans la tête quelques temps, et j'en ai même rêvé sous la forme de quelque chose d'aspect vachement plus sympathique : un raton-laveur. Maintenant je me demande si même cette histoire de poubelle, je ne l'ai pas rêvée. Cette certitude d'avoir vu cette bestiole ainsi que la légère inquiétude (en grande partie effacée par le rêve du raton) due à son apparence ainsi qu'à mon ignorance totale de ce que c'était vraiment rendent cette perception très Lovecraftienne je trouve.

Mais passons, j'ai dit hier soir que je parlais de choses rigolotes. Et les écureuils c'est vachement plus rigolo (non ce n'était pas un écureuil : à 20h, en hiver, les écureuils dorment... Et puis ils ont une queue touffue), et en plus il y en a partout ici, ce qui n'est pas pour gâcher. Enfin, quand je dis mignon, je parle de l'écureuil gris en Amérique. Parce qu'il semble qu'une fois exportée vers l'Europe, cette petite bestiole devienne une vraie teigne qui bousille les arbres et prend le territoire de son cousin Européen (et Roux... Moi qui croyait que les Roux étaient Mexicains (;-)=)... Croisant donc en moyenne 3 ou 4 écureuils gris en allant au boulot, j'ai fini par rêver qu'un écureuil (gris) à deux queues (noires, allez savoir pourquoi) se baladait sur le campus près du Campanile dont vous pouvez voir la photo sur le billet précédent. Tout aussi mignon et craintif que ses confrère rongeurs, affairé, et ne laissant tomber sa pomme de pain qu'au dernier moment pour se réfugier dans le premier arbre venu. Mais cet écureuil là, j'en suis sûr, il était onirique. En y réfléchissant, j'ai peut-être une explication pour les deux queues : j'ai regardé "Princesse Mononoké" cette semaine. Et la louve dans ce film possède elle aussi deux queues... Comme quoi, tout se retrouve.

Enfin, ce matin, entre 9h et 11h, j'étais plongé dans un demi-sommeil où je me demandais s'il était possible pour moi d'être à la fois éveillé et endormi, et quelle serait alors ma matrice densité (note : la matrice densité est l'outil qu'un RMNiste utilise pour représenter les états quantiques d'un grand ensemble de spins), et à quel Hamiltonien j'étais soumis... Heureusement que je suis en vacances dans 2 jours. Une petite visite de San Francisco, et d'un parc national devraient remettre un peu d'ordre dans mon cerveau fatigué.

dimanche 21 décembre 2008

Photos !

Enfin, je me remets à mon blog. Il faut dire que je bosse beaucoup en semaine, étant entouré de gens très fort, je crois que j'ai un peu tendance à faire un complexe d'infériorité et à rattraper en bourrinant, mais passons... Voici pour vous ces quelques photos, brève descriptif de mon petit monde en création. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

Commençons par une photo de UC Berkeley : le point de mire de tout le campus, le Campanile :

Campanile.JPG

Et donc mon chez moi qui ressemble à ceci :

L'entrée (passionnant n'est-ce pas ?) avec tout de même Ze combo machine à laver-sèche linge :

Entree.JPG

Salon, vide comme un Hibou après une journée de boulot (mais ça va se remplir, le mois prochain parce que c'est pas avec 145$ sur mon compte que je vais me faire un salon...) :

Salon_Reduit.jpg

Cuisine, mon repaire : elle ne vaut pas la cuisine d'Haude et Vincent, mais elle n'est pas mal du tout :

Cuisine1.JPG

Et en clin d'oeil à mes cothurnes, mon premier repas préparé chez moi :

Cuisine2.JPG

Chambre (pas de plan large, j'essaye de ne pas trop faire apparaître le bordel) :

Chambre.JPG

Salle de bain, avec baignoire s'il vous plaît (mais le ballon d'eau chaude suffit à peine à prendre un bain) :

SdB.JPG

Sinon, il y a aussi de nouvelles photos sur ma galerie flickr, des photos de mes tribulations qui ont précédé mon départ. Et il y en aura sans doute de nouvelles après que mon père et moi aurons fait un petit tour dans un parc national pendant les vacances.

Encore que, le nombre de photo étant limité à 200 sur flickr, alors que j'ai 1 Go d'espace ici, il est possible que ce blog devienne mon principal album photo en ligne. À voir... En attendant, je vais essayer de raconter des choses rigolotes demain, mais ce soir je vais me regarder un bon petit film.

lundi 15 décembre 2008

Dans la cour des grands !

Entre toutes les choses qui se sont mises en route cette semaine, mon travail n'est sans doute pas la moindre. J'ai commencé à travailler sur la polarisation induite par le para-hydrogène. Je n'ai pas l'intention d'expliquer dans les détails ce qu'est cette drôle de bête, mais c'était surtout pour dire que j'ai un projet.

Et puisque j'ai un projet scientifique, et que maintenant je suis docteur, j'ai des étudiants à encadrer... Gulps ! Ce qui sous-entends que je doive prendre des décisions, entre autre. La première décision à prendre était pour cette semaine : doit-on soumettre des résultats pour une conférence en mars-avril, sachant que les expériences sont encore à faire (mais que les simulations de base disent plutôt que ça se passe bien) ? La réponse oui impliquera sans doute une bonne dose de travail dans les 3 mois à venir. Pour celles et ceux qui me connaissent, je vous laisse deviner la décision que nous avons prise...

Mais ceci dit, ça fait quand même bizarre de se retrouver tout à coup comme étant "un grand". Non pas un grand scientifique, mais un grand qui prend des décisions, qui a des responsabilités etc. Je n'ai jamais réussi à me voir dans un tel cadre avant aujourd'hui. Sauf peut-être lorsque j'encadrais une stagiaire de M1, mais là, je n'était pas vraiment à la tête du projet puisque mon encadrant de thèse dirigeait le tout. Là je suis "le plus gradé" sur le projet...

Mais ceci dit, la cour des grands c'est aussi se retrouver à Berkeley. Dans le genre "vivier de gros cerveaux" ça a l'air de se poser là quand même. Bon, il y a sans doute une grosse part de communication (c'est un mot comme un autre pour ne pas dire "frime" de peur de vexer (;-)=), qui fait que l'on a tous les jours des infos sur les petites ou grosses avancées scientifiques faites sur le campus et au Lawrence Berkeley National Laboratory, mais bon, les conférences données ont l'air de bien valoir le détour.

Dans le genre, je peux donner l'exemple d'un physicien (Yakhir Aharonov) invité par mon chef qui nous a fait une conférence au tableau (c'est la première fois que je voyais une conférence faite au tableau) sur des paradoxes en mécanique quantique. C'était dur à suivre, mais, comme eût dit Lyndon, ça a titillé mon côté "geek", et du coup j'ai envie de lire le bouquin du monsieur... Bref, je sens que de ce côté là, aussi, ça va être sympa, Berkeley...

dimanche 14 décembre 2008

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Encore une semaine que je n'ai pas vu passer ! Rien d'étonnant à cela, ceci dit, j'ai eu pas mal de choses à faire, tant au labo qu'à la maison. Pour le labo, je raconterai un peu ce qu'il en est dans un autre billet (notamment sur le fait de se retrouver brutalement à essayer de donner un orientation à la recherche de 3 personnes, moi inclus).

Pour la maison, c'est une autre paire de manche. Là aussi il faut prendre des initiatives, mais je suis un peu plus bridé puisque j'attends toujours que la princesse me rembourse (voir le billet précédent).

J'ai néanmoins un plumard (mais ce n'est pas une surprise), mais surtout je commence à me donner les moyens de faire de la cuisine. Sur ce plan, j'ai plutôt de bonnes surprises. Non seulement j'ai pas mal de bons produits pas très loin de chez moi (Natural Grocery Store), mais en plus je trouve plein d'équipements à la fois dans le système métrique et dans le système anglo-saxon (pour les masses et les volumes), ce qui me facilitera grandement la tâche de la retranscription des recettes du spondy ou de la luciole...

Autre grande avancée de la semaine, qui a vu sa conclusion aujourd'hui, c'est l'obtention d'internet et du téléphone chez moi. Ce genre de choses eût dû arriver il y a 3 jours de ça, mais parmi les 3 prises téléphone de ma maison, les deux plus visibles étaient mortes.

J'ai découvert la 3e prise aujourd'hui, cachée sous une grosse couche de peinture. Elle a le double avantage d'être fonctionnelle et bien placée, tout va donc bien les copains, je suis connecté.

La suite des évènements ce sera l'arrivée d'une table, de 4 chaises et d'un micro-ondes, ainsi que l'achat futur d'un canapé pour pouvoir accueillir les oiseaux de passage que j'espère nombreux !

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