Un Breton à San Francisco

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lundi 18 mai 2009

Technologie

Si on m'avait dit que mes cours de technologie de collège me serviraient un jour dans mon vrai boulot, je ne l'aurais pas cru. Il faut dire qu'il y avait mésentente dès le départ, le cours de technologie étant le seul de toute ma scolarité à m'avoir valu une heure de colle, et ce dès le premier trimestre de 6e. Mais voilà, il fallait bien en revenir, et 18 ans plus tard (18 ans ! Pffffff), je me retrouve à souder et dessouder des composants sur un circuit imprimé sur une plaque d'époxy.

Par contre les souvenirs plus récents de physique de prépa qui pourraient m'aider à calculer le fichu diagramme de Bode de mon circuit, ceux là restent bien cachés...

Mais bref, j'ai passé ma semaine (incluant quelques soirées et une partie de mon week-end) à monter un sonde de RMN pour les besoins d'une expérience d'imagerie que nous nous apprêtons à faire. En fait ladite expérience eût dû commencer en début de semaine, mais nous avions sous-estimé notre destin farceur (decrescendo) et nous avons donc lutté toute la semaine avec des problèmes de mise à la masse et d'adaptation d'impédance (comme quand vous faites cracher les Watts à vos haut-parleurs, mais en plus petit).

Au final, nous n'avons toujours pas la bonne impédance (mais on n'a plus de problèmes de masse, c'est toujours ça), il nous manque encore une vingtaine de décibels à la fréquence « qui va bien »... Bref, je sers la science et c'est ma joie ! Pour me consoler de tous ces soucis, je me suis acheté "Space Dealer" en prévision de la soirée jeux du labo, jeudi prochain, puis je suis allé « voir » la faille de San Andreas au parc National de Point Reyes (ainsi que parfaire mon bronzage paysan). Dommage qu'en rentrant j'aie réalisé qu'encore une fois, la météo avait menti, mais dans l'autre sens par rapport à la semaine dernière...

jeudi 26 février 2009

Les joies des sciences expérimentales

En partant de Lyon, on m'avait dit que dans mon nouveau labo, je commencerais par construire mon matériel avant de commencer à faire des expériences. Comme j'ai été engagé sur un projet plutôt théorique, je ne m'en suis pas vraiment inquiété au premier abord. En arrivant ici, il m'a d'abord fallu comprendre sur quoi je travaillerais, quels objectifs je voulais atteindre etc. Bref des choses auxquelles j'étais plutôt habituées, avec en plus la composante "dire quoi faire" à un, puis deux étudiants (le 3e étant celui qui a mis en place les expériences préliminaires, il en sait plus que moi et n'a pas vraiment besoin d'être "dirigé" pour l'instant).

Mais quand il s'agit de passer à la pratique, les choses se compliquent un petit peu. Car si à Lyon je travaillais surtout sur le développement et la compréhension de méthodes impulsionnelles (autrement dit, comment programmer la machine pour que ça marche), ici, avant de faire mumuse avec de la programmation, il me faut développer un montage qui va permettre d'observer et de manipuler un signal (grâce au parahydrogène), et ce en l'absence totale de champ magnétique (cette fois, un certain concombre peut bien me traiter de mauviette, même s'il se goure sur les chiffres).

Donc il faut construire tout ça, le tout en donnant des instructions à des étudiants qui n'attendent que ça, tout en coordonnant le tout pour que, d'ici deux semaines, on arrive à avoir une plomberie pour gaz inflammables fonctionnelle, mobile et adaptable sur un spectromètre à haut champ "classique" comme sur un magnétomètre, caché par un bouclier magnétique. Ce dernier servant à masquer le champ de notre chère planète qui fait rien qu'à narguer les physiciens qui peinent à faire fonctionner leur expérience VKS (qui doit être un autre ordre de grandeur de complexité expérimentale, soit dit en passant).

Alors autant vous dire que, après avoir passé 4 ans à considérer que les outils que j'utilisais étaient assez compliqués et donc construits par une entreprise spécialisée, et n'ayant utilisé que la plomberie se limitant à l'air comprimé nécessaire pour faire tourner mes échantillons, j'ai eu un petit coup de stress la semaine dernière quand il s'est agit de donner des instructions alors que je ne savais moi-même pas très bien où j'allais...

Mais, si je stressais parce que je ne savais pas les diriger, c'est grâce à mes étudiants que j'ai pu me familiariser cette semaine avec les systèmes internes au département de chimie pour la fabrication ou la commande de pièces compliquées (comme un corps de sonde par exemple, ou un panneau fonctionnel pour monter de la plomberie pour propylène et hydrogène, sans que le tout ne risque de me péter à la figure). Nous avons donc bien avancé les plans de notre montage et j'espère qu'on aura tout construit à temps pour notre créneau expérimental. Au final, j'ai un peu stressé, mais je travaille quand même avec des gens chouettes, et en plus j'apprends des choses... Je sers la science et c'est ma joie !

lundi 19 janvier 2009

Où il est encore question de rongeurs arboricoles...

Bon, il faut vraiment que je prenne en photo ces petites bêtes (je sens déjà la Luciole trépigner d'impatience) tant elles sont rigolotes... Mais parfois un peu chiantes quand même puisqu'elles ne font rien qu'à cavaler sur mon toit les matins de week-end alors que j'essaye de roupiller(1) !

Cette envie de les prendre en photos (ou plus exactement de prendre mon appareil et d'aller traîner dans les coins où les écureuils abondent, la fac par exemple) me vient du fait que la semaine dernière, en allant chercher des pizzas pour nourrir le séminaire hebdomadaire, j'en ai vu un, obèse(2) (il eût fait passer n'importe quel autre écureuil, bien nourri, du campus pour un enfant du Sahel) tranquillement posé dans un arbre, assis sur son derrière comme tout être humain eût pu faire en de pareilles circonstances, et boulottant un champignon à moitié gros comme lui !

Dorénavant (et la fulgurance du raisonnement scientifique établi sur cette observation m'étonne moi-même), on sait que l'on peut être écureuil et totalement décomplexé !

(1) Je me suis vengé en ouvrant brutalement les stores de ma cuisine en faisant "BOUH !" alors qu'ils avaient changé de terrain de jeu pour les arbres qui jouxtent la face ouest de mon logis

(2) ne vous inquiétez pas, même obèse, ça reste mignon

lundi 15 décembre 2008

Dans la cour des grands !

Entre toutes les choses qui se sont mises en route cette semaine, mon travail n'est sans doute pas la moindre. J'ai commencé à travailler sur la polarisation induite par le para-hydrogène. Je n'ai pas l'intention d'expliquer dans les détails ce qu'est cette drôle de bête, mais c'était surtout pour dire que j'ai un projet.

Et puisque j'ai un projet scientifique, et que maintenant je suis docteur, j'ai des étudiants à encadrer... Gulps ! Ce qui sous-entends que je doive prendre des décisions, entre autre. La première décision à prendre était pour cette semaine : doit-on soumettre des résultats pour une conférence en mars-avril, sachant que les expériences sont encore à faire (mais que les simulations de base disent plutôt que ça se passe bien) ? La réponse oui impliquera sans doute une bonne dose de travail dans les 3 mois à venir. Pour celles et ceux qui me connaissent, je vous laisse deviner la décision que nous avons prise...

Mais ceci dit, ça fait quand même bizarre de se retrouver tout à coup comme étant "un grand". Non pas un grand scientifique, mais un grand qui prend des décisions, qui a des responsabilités etc. Je n'ai jamais réussi à me voir dans un tel cadre avant aujourd'hui. Sauf peut-être lorsque j'encadrais une stagiaire de M1, mais là, je n'était pas vraiment à la tête du projet puisque mon encadrant de thèse dirigeait le tout. Là je suis "le plus gradé" sur le projet...

Mais ceci dit, la cour des grands c'est aussi se retrouver à Berkeley. Dans le genre "vivier de gros cerveaux" ça a l'air de se poser là quand même. Bon, il y a sans doute une grosse part de communication (c'est un mot comme un autre pour ne pas dire "frime" de peur de vexer (;-)=), qui fait que l'on a tous les jours des infos sur les petites ou grosses avancées scientifiques faites sur le campus et au Lawrence Berkeley National Laboratory, mais bon, les conférences données ont l'air de bien valoir le détour.

Dans le genre, je peux donner l'exemple d'un physicien (Yakhir Aharonov) invité par mon chef qui nous a fait une conférence au tableau (c'est la première fois que je voyais une conférence faite au tableau) sur des paradoxes en mécanique quantique. C'était dur à suivre, mais, comme eût dit Lyndon, ça a titillé mon côté "geek", et du coup j'ai envie de lire le bouquin du monsieur... Bref, je sens que de ce côté là, aussi, ça va être sympa, Berkeley...