Un Breton à San Francisco

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mercredi 28 octobre 2009

La classe américaine !

Ça y est, je l'ai enfin vue ! L'Amérique la vraie, celle dont on ne parle que dans les histoires pour faire peur aux gauchistes, sur bravepatrie.com. Ami lecteur accroche-toi ! Je sais bien qu'il y a de bonnes chances que tu fasses partie de la racaille rose à pois rouges sus-citée, alors si tu croyais que l'on racontait des histoire de Sarah Palin pour effrayer les hippies comme on parle de la jeunesse à casquette pour aller faire voter aider mamie tromblon à se prémunir, tu ne vas pas être déçu par cette anecdote « finement nimbée de tendresse bucolique ».

En un mot comme en cent, âmes (ou pas) sensibles, abstenez-vous de lire ce billet. Et surtout ne le lisez pas avant ou après un repas, je suis sérieux !

Ce matin en devisant avec mes collègues autour du café de dix heures, je m'enquis de la mauvaise humeur de l'un d'entre eux. Il venait de passer par ce qui tient lieu de grand place à l'université de Berkeley : le Sproul Plaza, haut lieu de l'administration estudiantine, point de rencontre pour toutes les associations possibles et imaginables, plus ou moins communautaristes (du club de vol à voile, aux diverses associations ethniques, politiques et/ou religieuses... Les trois à la fois parfois), ainsi que de tous les prêcheurs mystiques de toutes confessions. Il y avait, paraît-il, des membres d'une association anti-avortement qui étaient présent, et il était frustré de ne pas avoir pu les insulter : on est en Amérique, on a le droit de s'exprimer sur tout, alors on est prié de respecter les idées (ainsi que la manière de les exprimer dans le cas présent) des autres.

Sans demander plus de détails sur ladite manifestation, je suis retourné à mon boulot, jusqu'à la pause de midi. En partant manger, je ne m'attendais pas vraiment à cela. Au lieu de me trouver face à trois pauvres grenouilles de bénitier distribuant des tracts que personne ne prenait, le choc fût rude : 3 grands panneaux (5mx3m) couverts de photos (grand format et saturation au maximum, vous aimez le rouge ?) de fœtus humains plus ou moins (plutôt moins, ça accroche plus l'œil un embryon en trois morceaux) bien conservés, mais indubitablement hors de la matrice nécessaire à leur bon développement, quelques comparaisons de bon goût que Godwin n'eût pas nié, et des photos du bouc émissaire du moment, encore un sale communiste (« si, si, j'vous jure, il veut réformer la couverture sociale ce bourreau de nos grands-mères » (c) S.P.), je vous le donne en mille : Barack Obama !

Et pour soutenir tout cela, toute une flopée de personnes de tous âges et de toutes origines...

Je n'ai pas, moi non plus, osé aller leur parler, par couardise peut-être, me réfugiant derrière le fait qu'ici, ce serait mal vu, que, l'anglais n'étant pas ma langue natale, je n'eusse pas su argumenter/insulter dans les règles de l'art(1), que ce n'étaient que des provocations réactionnaires dans un milieu assez furieusement démocrate et qu'il ne fallait donc pas céder à la tentation de la réponse et/ou de l'insulte... Et après avoir lu cette dépêche, je me suis dit qu'à défaut, je me passerai les nerfs dans ce billet.

Je vous avais prévenus. Et demain, s'ils sont encore là, je prendrai peut-être des photos pour les afficher sur le mur de la honte que sera devenu temporairement ce blog.

Sur ce je vais me coucher, en espérant ne pas faire trop de cauchemars... Pour conclure ce billet et fermer la boucle, je reprendrai cette citation célèbre de l'homme le plus classe du monde, Georges Abitbol : monde de merde !

(1) Il faut dire que, même dans la langue de Molière, je ne suis pas très doué à ce jeu non plus...

vendredi 16 octobre 2009

L'été, où est-il ?

« Tiens ? V'là la pluie ! Ah ! Quel Sale temps ! »

C'est ce que toute personne normalement constituée (ou fan de Bobby Lapointe) eût pu dire il y a trois jours, lorsque, contre toute attente (je ne suis pas la météo en semaine) le ciel de San Francisco s'est mis à cracher tout ce qu'il n'avait pas fait tomber depuis les neuf derniers mois... Moi, j'ai plutôt pensé : chouette ! Normal pour un hibou breton, non ?

Bon sang ce que ça me manquait, la pluie ! Et pour le coup, en guise de retour à une hygrométrie normale, on a eu le droit à la totale : une belle journée de tempête... Alors quand je dis tempête, ne vous affolez pas hein, rien que ma Bretagne natale ne rencontre plusieurs fois par an... Mais j'ai quand même eu le plaisir d'être réveillé à 5h du matin par les trombes tombant sur mon toit (et d'apprécier le spectacle auditif bien puchette sous mes plumes en me rendormant), d'aller au boulot en luttant pour que mon parapluie ne se fasse pas retourner comme une vulgaire crêpe, ou en encore de constater à mon retour chez moi que le gros arbre de mes voisins avait perdu une grosse branche au cours de la journée (qui a donc dû être mouvementée pour le pauvre végétal).

Ah, ces souvenirs de ballades au bord de la mer avec un baston pas possible à se faire rincer... Par exemple, Toussaint 99, pointe de la torche, un jour de championnat du monde de planche à voile, des vagues de 4 mètres et Patrice Belbeoc'h et toute une autre tripotée qui faisaient mumuse dans les vagues...

Enfin bon, là j'ai peu eu l'occasion d'apprécier les éléments, étant au boulot et peut-être sur le point d'obtenir (enfin) un résultat intéressant... Eh oui, enfin ! Il a bien fallu s'occuper pour ne pas céder à la déprime de retour de France (que voulez-vous, les Lyonnais et les Grenoblois m'ont réservé un accueil formidable et m'ont fait revivre en une semaine tout ce que je n'avais pas vécu pendant un an), et donc j'ai mis les bouchées doubles au boulot... Et maintenant, j'avoue que j'accuse le coup !

Voilà donc, mon retour à Berkeley et sur ce blog (j'espère ainsi calmer les inquiétudes de ma chère sœur au passage), et les raisons de ma si longue absence. Je vais maintenant me reposer de toutes ces émotions en ne faisant absolument rien du week-end (à part peut-être ranger mon bordel, et encore) !

lundi 13 juillet 2009

La prise de la salle de bain

Non, ce billet ne vas pas vous raconter comment j'ai, de haute lutte, repris le contrôle de la salle de bain après quelqu'invasion de créatures aquatiques ou d'arachnides géants, mais il va vous expliquer des merveilles de la technologie américaine, d'une part, et vous démontrer l'acuité de mon sens de l'observation de l'autre.

Donc la modernité, dans ce beau pays à la pointe des technologies militaires et de la communication, n'a pas vraiment atteint les masses laborieuses. En effet, si j'évoquais il y a quelque semaines l'absence de fraise pour le détartrage de mes quenottes, je n'ai pas encore parlé de la merveille qui me sert de machine à laver(1), ni de l'installation électrique dernier cri. Et donc, aujourd'hui je vais vous raconter les merveilles du va-et-vient "made in USA".

Car voyez vous, le Hibou étant un individu de sexe masculin, relativement âgé (aujourd'hui plus qu'avant hier en tout cas), et ayant une furieuse tendance à pas trop aimer une bonne part de sa pilosité faciale ET crânienne, il a besoin de se raser. Et cela requiert, quand on est aussi peu régulier que moi, une tondeuse pour débroussailler.

Or, depuis maintenant 8 mois que je suis ici, j'ai déjà pesté de nombreuses fois contre la prise à côté de mon lavabo souvent inopérante. Il se trouve en effet que j'utilise une tondeuse achetée en France et qui ne fonctionne qu'avec une tension de 220V. Première trace de modernité, le réseau domestique est en 110V ici. Bon qu'à cela ne tienne, à 20$ le transfo, je ne me suis pas ruiné pour adapter... Seulement voilà, la prise dont il est question ici avait une fâcheuse tendance à sauter dès que je branchais ledit transfo à vide...

Ou pas...

Car s'il est vrai que le disjoncteur de la prise saute souvent, j'ai découvert aujourd'hui que la remise en place dudit 'sjoncteur ne pouvait se faire que lorsque la lumière de la salle de bain était allumée... Et pire, la prise ne fonctionne que lorsque la lumière est allumée. J'ai donc maintes fois maudit ce disjoncteur en vain, le principal coupable de la non-arrivée de courant étant l'interrupteur.

Mais bon, à ma décharge, il faut quand même reconnaître qu'un va-et-vient caché derrière un interupteur "classique" pour la lumière, c'est quand même aussi étrange qu'une machine à laver qui ne chauffe pas l'eau, par exemple... Je sens que je n'ai pas fini de découvrir des choses intéressantes dans ce pays !

(1) chargement par le haut, tambour vertical, pas de résistance pour chauffer l'eau, ce qui implique un choix limité de programmes : chaud ou froid, le programme tiède gelerait sur place une bactérie même pas thermophile (contrairement au défilé)...

dimanche 14 juin 2009

Dentiste

Je suis allé chez le dentiste la semaine dernière... Il paraît que l'Amérique est moderne, mais ils n'ont pas de fraise pour détartrer, c'est long ! Et puis je m'étonne d'avoir eu à subir une radio de toute ma mâchoire dent par dent quand un panoramique eût donné le même résultat (mais quelle différence en Curies ? Je ne suis même pas sûr que le panoramique soit désavantageux).

Bref, une première impression qui laisse un doute sur l'efficacité. Enfin, après avoir donc patienté une heure sous les coups de burin infligés à mes quenottes par l'une de ses multiples assistantes, le dentiste est enfin arrivé pour regarder mes radios et mes dents. Mes précédents dentistes n'ont vraisemblablement pas fait un boulot américano-compatible. Trop de plombages dans tous les sens, couronne pas aussi bien implantée que ce qu'il aurait fait lui, trois dents de sagesse encore en place aux abords de ma trentième année (ouin !), mon bon monsieur, c'est pas joli joli...

Bon, il ne veut pas spécialement me refaire la mâchoire hein, juste mettre une couronne sur une dent qui a une drôle de couleur et qui me fait mal bien qu'elle ne soit pas cariée (je suis d'accord, rapport a la douleur) ainsi que sur une dent peu cariée mais tellement plombée que si on en rajoute, elle tombe en morceaux... Eh bien soit, je suis bon pour deux couronnes... Pourvu que ce soit remboursé à 80% plutôt qu'à 50% (ce qui est quand même le minimum). Et puis il me conseille un chirurgien pour les trois dents de sagesse... Oui, bon là on verra hein, c'est pas si pressé...

C'est que le dentiste en question, s'il jouit d'une excellente réputation chez les pignons de pin (mes collègues quoi), m'a l'air de pas mal pousser à la consommation, et cette impression commerciale est renforcée par le fait que je me suis vu refilé à la fin de la consultation tout un tas de produit dentaires de marques plus ou moins connues (plutôt plus que moins d'ailleurs) estampillés « Mr Machin, D.D.S. »...

Ah là là, le choc des cultures dentaires contre mes dents pourries... Ça me rappelle un nanard tiens !

jeudi 4 juin 2009

Billet en retard...

Force est de constater que je n'ai pas été très actif sur ce blog dernièrement. Les raisons à cela sont multiples, et aucune n'est suffisante pour expliquer mon manque de communication. Néanmoins, j'avais écrit ce billet il y a deux semaines, après une discussion avec un collègue de l'association PUP. Sur le coup, j'ai trouvé ce message trop déprimé(ant) pour le publier, mais après cette constatation sur mon manque de « fidélité », vous auriez peut-être des choses à me raconter sur cette façon de penser. Donc voici ce billet en retard, il y en aura d'autres d'ici ce soir.


Qu'est-ce qui différencie le parfait inconnu de la connaissance et de l'ami ? C'est la question que je me pose en ce moment, parce que je me rends compte qu'après 6 mois passés ici, je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup d'amis, ou alors pas au sens où je le conçois.

Je me pose cette question suite à une conversation qui a eu lieu ce soir à la sortie de San Quentin avec deux de mes collègues de l'association. La question était a l'origine de savoir comment je me sentais après 6 mois passés aux États-Unis. Ma réponse se borna à dire que ça allait, mais que je me trouvais un peu en manque d'amis. Entendant cela, l'un d'entre eux me propose alors d'aller à une soirée d'anniversaire où, dit-il, j'aurais eu autant à manger que chez moi, mais avec des amis en plus.

J'ai décliné la proposition parce qu'il m'eût paru étrange de me trouver à la soirée d'anniversaire d'une personne que je ne connais pas. De plus, je ne m'estime pas comme un être suffisamment exceptionnel pour que, me trouvant au milieu d'un tas d'inconnus qui ont tous un intérêt certain les uns pour les autres mais aucun pour ma pomme, je m'impose à leur conversation en disant : « Eh les gars, je suis un type trop bien, vous avez envie de me connaitre ! »

Mais cette phrase m'a sacrément titillé le cortex. S'il est évident que je n'eusse pas trouvé le moindre ami à cette soirée, et qu'il m'eût été difficile d'allonger la liste de mes connaissances, ça a généré cette réflexion dans ma pauvre cervelle (un peu agitée dernièrement, il faut bien l'admettre).

Donc, par quel processus passe-t-on du statut de parfait inconnu au statut de connaissance ou d'ami chez le Hibou ? Et qu'est-ce qui définit lesdits statuts ?

Alors pour les connaissances, dans mon esprit, c'est facile, c'est une personne qui a été introduite et réciproquement. J'ai l'impression que votre serviteur n'a que deux modes pour ça : soit par une introduction via une autre connaissance, au cours d'une soirée où l'on n'a pas été invité par exemple, soit par la force des choses, au cours de fréquentations régulières d'un même lieu (boulot, enseignement en prison, planche à voile...). Je me demande quels sont les divers protocoles observés par les gens un peu moins parasociaux que moi. À part ça, on fait quoi avec une connaissance ? On discute, on va boire un verre, et plus si affinités...

Sauf que j'ai l'impression que ça ne marche pas si bien ici. J'ai souvent constaté qu'une personne « introduite » (parfois à plusieurs reprises) m'oubliait d'une semaine sur l'autre. L'américain moyen a-t-il une mémoire de poisson rouge ? Ou est-il juste embarrassé de ne pas se rappeler du prénom exotique de ce foutu type chauve ?(1) Toujours est-il que le statut de connaissance s'en trouve fortement perturbé puisque la réciproque évoquée dans la première phrase du paragraphe précédent semble compromise... Ce qui compromet aussi la suite (le « et plus si affinités »).

Moralité, j'ai l'impression que l'énergie d'activation pour se faire des amis ici est plus grande... Ou alors, c'est tout simplement qu'un adulte dans le vrai monde (i.e. pas dans le cadre « serré » des études en école) a autre chose à foutre que de se rappeler de tous les inconnus qui lui ont un jour adressé la parole et dont il est sensé connaitre le prénom (et vice versa).

Car ce « et plus si affinités » est, me semble-t-il, le début de ce qui mène vers l'amitié. Un ami c'est une connaissance avec qui j'ai des affinités. Pour du cinéma, de la BD, des sujets de conversation, des activités sportives etc. Chez le Hibou, l'appartenance au même environnement de travail peu diminuer l'effet de ces affinités. Il y a par exemple dans mon labo une personne avec qui j'aime beaucoup discuter, faire des jeux de plateau et randonner, mais que je n'arrive pas encore à inviter « comme ça », parce que je trouve que je la vois suffisamment par ailleurs. Le passage de la connaissance à l'ami est donc assez flou et requiert plus ou moins de temps.

Et sinon, on fait quoi avec des amis chez un breton exilé ? Bah on pratique les activités suscitées(2) avec la satisfaction de pouvoir échanger nos points de vue sur une même expérience, ce qui est toujours agréable. Quand on est un bon ami (ce qui n'est pas mon cas vu que je ne communique que très peu hors de ce blog), on communique aussi pour partager les expériences non vécues en commun... Et puis parfois, il y a un peu plus que tout ça, mais je ne saurais pas le définir, et puis ça met du temps à se sentir.

(1) auquel cas, je ne saurais le blâmer, il m'est bien arrivé de ne pas me rappeler du prénom d'une personne chez qui j'avais dîné... Je n'ai pas évité la conversation pour autant ceci dit...

(2) quand on peut, c'est à dire quand on ne se trouve pas à 9000 bornes les uns des autres

Edit : Bon, en fait je vais publier mes deux autres billets dans le courant de la semaine pour ne pas passer de l'absence de blog à la saturation... Mais ne vous inquiétez pas, lesdits billets sont écrits !

lundi 25 mai 2009

Le Génépi à l'américaine

Petit prélude à l'attention des égarés de google atterris en ces lieux après quelque clic hasardeux (je me demande encore comment il se fait que quelqu'un cherchant « chatouiller concombre magnétique » ait pu s'échouer sur ma prose quelque peu éteinte ses derniers temps). Ce prélude, disais-je, a pour but d'éviter une lecture aussi pénible qu'inutile à leur recherche aux cuisiniers expérimentaux (j'ai beaucoup aimé le « Breton au poireaux et les Orléanaises ») ainsi qu'aux fêtards recherchant des alcools exotiques. Ce billet ne traite pas d'alcool fort et des manières de l'utiliser outre-atlantique, mais de la cousine Californienne de l'association GENEPI (groupement pour l'enseignement aux personnes incarcérées) le prison university project (ou PUP pour les intimes).

Résumé des épisodes précédents : après avoir donc poussé la porte du Genepi (il était temps après 4 ans d'école et 2 de thèse) l'an dernier, et ayant trouvé l'expérience enrichissante, j'ai, comme vous le savez d'après mes précédents déboires décidé de persévérer dans cette voie, mais les pieds dans le Pacifique pour voir si les prisons y étaient mieux qu'en France(1).

Et donc, après avoir manqué deux journées de formation, j'ai enfin pu faire le nécessaire pour avoir l'autorisation de faire du tutorat de mathématiques, tutorat qui a commencé mercredi dernier.

Et bien, par rapport à ce que j'ai vécu à Perrache, c'est éprouvant ! C'est que l'organisation n'est pas tout à fait la même. L'an dernier, je préparais un cours qui durait environ deux heures et demie, et je ne m'occupait que d'un détenu. Ici, point de cours à préparer, l'intervention dure deux petites heures, mais ce sont 50 détenus à gérer à cinq volontaires. Et c'est qu'ils sont demandeurs et motivés les bougres ! Pas une minute de pause, toujours une explication à donner, une correction à faire, debout à courir à droite et à gauche entre les deux salles de classe !

Autant vous dire que j'ai eu un gros coup de barre en sortant. Mais c'est très satisfaisant aussi comme intervention. Ici, le résultat est immédiat puisqu'ils viennent avec des questions précises, et la réponse est immédiate, contrairement au processus de construction d'un cours, qui est beaucoup plus lent et plus frustrant quand on n'a que le tiers de l'horaire hebdomadaire nécessaire(2).

Mais donc voilà, ma lutte contre l'adversité a enfin payé. J'aime beaucoup cette façon de se rendre utile à la société.

(1) Ce qui, étonnamment vu que nous avons l'un des deux pires systèmes carcéraux d'Europe, est loin d'être le cas...

(2) Néanmoins, je pense que sur le long terme, un cours (quasi particulier de surcroît) doit apporter plus de satisfaction des deux côtés...

samedi 2 mai 2009

Journée de merde...

Ah là là, quinze jours que je ne donne pas de nouvelles et je vous reviens pour pigner, grincher, vous raconter mes malheurs, bref, pas pour poster un billet très enjoué... Enfin, n'exagérons rien, je ne suis pas au 36e dessous non plus, j'ai eu juste quelques pépins aujourd'hui, rien de bien grave, et j'ai été assez peu motivé pour écrire ces derniers temps pour cause de sevrage d'hyperactivité forcé par ma mimine en vrac et le départ des mes visiteuses Orléanaises.

Enfin, la mimine commence à se porter mieux, même si mon articulation est encore un peu raide et mes muscles fléchisseurs encore un peu faibles pour tenir un wishbone, je pense (tout en respectant les recommandations de mon orthopédiste) pouvoir aller taquiner la brise d'ici une semaine...

Mais revenons-en à cette soit-disant journée de merde, qui a ceci de remarquable que, dès le lever, j'ai su qu'il eût mieux valu que je restasse couché. Oui, car une vraie bonne mauvaise journée se doit de commencer par un mal de crâne... Puis enchaîner avec une carie découverte alors que je mastiquais mon pain-beurre (salé, faut quand même pas pousser)...

Vînt ensuite le départ pour le boulot, où, après avoir perdu un peu de temps à photographier une coccinelle sur le montant de ma porte (bon augure, mon œil), je me suis fais engueuler par une voisine de qui je suis passé un peu trop près (à pieds, je tiens à le préciser quand même !) parce que j'avais eu l'outrecuidance de croire quelle m'avait vu en sortant de chez elle (il faut croire qu'un téléphone collé à l'oreille, ça rend aveugle) : "You scared the shit out of me!"...

Arrivant au BART, troublé que j'étais par tous ces petits tracas, je commençai alors à me demander si j'avais bien fermé ma porte à clef. C'est la vision du train partant sans moi qui m'a décidé à faire demi-tour pour aller vérifier que ma porte était bien close suivant les règles de l'art (ce qui était le cas). En retournant vers la station, v'là-t-y pas qu'il se met à pleuvoir, puis, une fois arrivé, je me rends compte que, pendant cet aller-retour, j'ai perdu mon ticket de BART sur lequel il me restait 18$... Tout ça pour prendre une coccinelle en photo.

Le reste de la journée s'est passé a manutentionner des bouteilles de gaz pour une partie, et m'user les yeux à essayer de connecter une prise BNC à un câble coaxial pour me rendre compte en fin d'après-midi qu'il y avait tout un tas de vieux câbles prêts à l'usage...

Ma main nouvellement libérée me permettant de faire des pâtes à tarte, rentrant chez moi, j'ai voulu me réconforter avec une tarte aux poireaux-chèvre... Les poireaux étaient montés(1) !

Alors ami lecteur, VDM ou TLBM ?(2)

(1) et j'ai pu grâce à cela faire cette remarque (statistiquement insignifiante puisque mon échantillon se limitait à quatre poireaux) que c'étaient les plus petits poireaux qui étaient le mieux montés...

Ce jeu de mots pourri (et graveleux) a pour but affiché d'enrichir les statistiques google de ce blog, la seule requête incongrue que j'ai eu jusqu'à présent est : « magasins specialises papier toilette »

(2) Pour ma part : JLBM en fait, j'avais qu'à rester couché puisque je savais que ça partait mal...

dimanche 22 mars 2009

Les chevilles (et le majeur gauche) qui enflent...

Aujourd'hui, on m'a dit :

« Toi, tu seras un bon véliplanchiste... Si tu meurs pas avant ! »

Pas de problème grave, ne vous inquiétez pas, juste une grosse entorse au majeur gauche... Enfin je pense, j'ai pas vu de docteur pour l'instant, juste un étudiant en médecine qui trainait là et qui m'a dit que ce n'était pas cassé, ce dont je me doutais déjà vu que je pouvais, et peux toujours, bouger mon doigt presque normalement.

Mais à part ça, sortir surtoilé (note pour l'avenir, le vent à tendance à monter en fin de journée ici) ça fait des sensations (en mal donc, mais vachement plus en bien en fait), mais il va falloir que j'apprenne à être un peu moins présomptueux sur le choix de mes voiles...

lundi 16 mars 2009

Prendre le bus aux États-Unis

C'est donc à 22h, après avoir pris un bain bien chaud pour me détendre d'une après-midi sportive que je me rends compte que je ne vous ai pas écrit mon billet à-peu-près-hebdomadaire.

Et pour cette semaine, vous aurez donc le droit à mon second plantage de journée d'information pour le prison university project, qui est, qui l'eût cru, le GENEPI local. La première fois que j'avais manqué le coche, c'était de ma faute et je l'assume pleinement. Pour ce coup là, je veux bien accepter une part de responsabilité, mais les compagnies de bus Américaine ne sont pas pour rien dans ma double boulétisation.

Pour vous situer un peu le contexte, je devais prendre le BART jusqu'à la fin de la ligne, Richmond, à deux stations de chez moi, puis prendre la ligne de bus dont le numéro est la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste qui m'eût ensuite permis de traverser la baie dans le sens trigonométrique afin de me retrouver à la prison de San Quentin (où jadis Johnny Cash donna un concert, soit dit en passant). « Bref », me dis-je, « rien de bien insurmontable, ça ne devrait pas prendre plus d'une demi-heure ». Connaissant ma forte propension à rater les choses les plus simples (comme mixer une soupe par exemple), je pris une heure pour faire bonne mesure...

J'arrive donc à Richmond un quart d'heure après avoir quitté mon domicile, et là, première galère : impossible de trouver le bus 42. Les arrêts 72, 800, 74 et 76 répondaient présent, mais pas d'arrêt pour le 42. Je tourne, regarde tous les arrêts possibles (mais pas les bus, sinon j'eusse vu passer le fameux 42), puis je me décide à demander ma route à quelques personnes qui attendaient d'autres bus. J'évitais soigneusement les personnes qui semblaient trainer dans le coin sans but, une de mes collègues m'avait dit deux jours plus tôt que la station RIchmond, si je m'y retrouvais par hasard, il ne fallait pas sortir et prendre dare-dare le BART retour... Gulps !

Il fallait attendre à l'arrêt pour le bus 72, logique non ? Et le temps de trouver ça, il était environ 12h30... Dommage, le bus 42 passait à 12h23, à raison d'un bus par heure le week-end, eh meeeeerde... J'appelle le bureau de l'association afin de prévenir de mon retard. Je me trouve alors nez-à-nez (ou plutôt oreille à puce électronique via un haut parleur) avec un serveur vocal sibyllin qui me demande d'appuyer sur un bouton pour joindre machin, bidule ou truc, puis se contrefout de mon appui et recommence sa rengaine (voir la chanson LAMC de Tool sur l'album Salival. Il semblerait que je ne sois pas le premier à qui ça arrive). Perdant patience j'ai appuyé beaucoup sur le bouton 3, ce qui m'a donné accès au répondeur de quelqu'un, j'ai donc pu savoir qu'une de ces personnes n'avait pas reçu de message... Énorme !

Me voilà donc patientant, en compagnie de la personne serviable qui m'avait indiqué le bon arrêt et les horaires et qui devait aller voir son mari en prison. Elle a malheureusement fini par perdre patience dans cette attente de bus. J'ai trouvé ça un peu triste de savoir que son homme l'attendrait sans doute en vain...

Bref, le fichu bus finit par arriver. Je monte, « - Vous allez où ? - À la prison de San Quentin. - C'est 3.75 $ ». Je tends donc mon billet de 20 dollars, et là, damned, j'apprends qu'on ne rend pas la monnaie dans un bus de cette compagnie... Une autre personne serviable me fille toute sa bicaille plus 3 billets de 5 contre mon 20$, j'y perds, mais au moins je suis dans le bus...

Celui-ci démarre, et fait son petit bonhomme de chemin, traverse la baie... N'ayant pas vu le signal habituel sur les bus de Berkeley pour demander l'arrêt (une petite corde sur le côté pour sonner une cloche du côté du chauffeur, modernité quand tu nous tiens), je me dis que le chauffeur a dû retenir l'endroit où je descendait (puisqu'après tout je payais en fonction)... Je vois passer la prison... Je ne vois pas le premier vague panneau qui ressemble a un arrêt de bus, (mais rien à voir avec ceux qu'il y avait du côté de Richmond), j'en laisse passer un deuxième, et c'est après que je me décide à demander à une dame comment on arrête ce sacrebleu de chauffeur à mémoire courte... Il y avait des bandes jaunes dans un style décoratif qui servaient à ça (un bouton rouge, ça vous dit pas ? Non ? Bon...)... J'arrête donc le bazar, change de trottoir et attend le bus suivant (encore 1/2h) et me retrouve à la prison à 14h30 (j'avais rendez-vous à 13h aux bureaux de l'association, que je croyais naïvement être dans la prison). Le portier ne sait tout d'abord pas ce que c'est que ce "Prison University Project", puis finit par tilter, essaye de les appeler... Rien.

Je retourne donc prendre le bus, me demandant si j'avais rêvé le "nos bureaux sont face à l'arrêt de bus de la prison de San Quentin" lu dans un mail... C'est en rentrant chez moi, et regardant ledit mail que je me suis rendu compte que l'arrêt San Quentin "aller" n'est pas au même endroit que l'arrêt San Quentin retour... Et qu'il n'y avait donc aucune raison d'aller vers la prison, qu'il eût fallu lui tourner le dos, passer sous l'autoroute et faire 500 mètres vers le nord...

Caramba ! Encore raté !

lundi 16 février 2009

Avis de Grand Frais

Le billet de cette semaine sera enthousiaste ! Eh oui, figurez-vous que je reviens tout juste d'être allé chatouiller la brise (la dame de la météo marine eût dit : force 6 à 7 Beaufort, localement 8 en rafales mollissant 4 à 5 en milieu d'après-midi), et c'était bon !

Il faut dire que Dame Nature avait bien fait les choses pour mon véritable rebaptême des éléments : pluie, vent et grains... Pour peu que les gens eussent parlé Français, je me serais cru en Bretagne ! Je parle de véritable reprise de la planche à voile car les clapotages effectués par force 2 les semaines précédentes n'avaient pour but que de me rassurer quant à mes souvenirs de la manipulation de l'objet. Ceci dit, sans avoir particulièrement brillé dans les manœuvres, j'ai réussi à me débrouiller suffisamment pour être satisfait.

Je vous épargne mes critiques de ces planches de débutant nouvelles génération (courtes et larges) qui enfournent au moindre clapot et qui ont tendance à partir au vent dès qu'on veut se placer trop à l'arrière (sauf si la dérive est dans l'eau, mais ça n'a aucun intérêt), mais qui ont quand même l'avantage d'accélérer beaucoup plus par rapport à leurs aînées de 3m50... Avec un peu de chance, je devrais bientôt pouvoir abandonner ces chers bibendums pour des planches plus fines à condition que je trouve quelqu'un pour constater que je sais gréer une voile, empanner, virer de bord et remonter au vent (ce que j'ai pu vérifier dans des conditions un peu fortes aujourd'hui, c'est cool).

Après cette petite séquence de massage "à la Bretonne", il fallait bien rentrer à la maison (en vélo et sous la pluie, merci la cape Quechua !) histoire de se prendre une bonne tisane bien chaude avec des céréales et des fruits (il faudrait que je me fasse du quatre quarts tiens, ce serait idéal !), après quoi une douche brûlante et une soupe aux asperges et je pourrai aller dormir sur mes deux oreilles... On pourrait objecter que je n'ai pas été raisonnable vu la maladie qui m'a plombé la semaine, mais ça valait le coup !

dimanche 8 février 2009

Retour vers le passé

Récemment, je me suis fait cette réflexion : depuis que je suis ici, pas mal de choses me ramènent environ 10 ans en arrière. J'évoquais le fait de vivre seul et loin de mes connaissances la semaine dernière, et ça m'a un peu rappelé la transition subie entre mes 18 ans de confort familial et amical Brestôa et les mœurs spartiates de ma vie de préparationnaire Nantais.

Non pas que l'état d'esprit soit exactement le même, le stress associé à la perspective de 2 ou 3 années difficiles avec concours à la clef n'a rien à voir avec celle, plutôt riante au demeurant, d'avoir à faire le boulot que j'aime dans une des villes dont on dit qu'elle fait partie des plus agréables au monde (sans vouloir enlever à Nantes le statut de ville agréable, soit dit en passant).

Autre chose qui me ramène encore plus loin : la vie au bord de la mer. Là encore, je retrouve des sensations que j'avais oubliées. Par exemple, lorsque je pédale jusqu'à la marina de Berkeley pour faire de la planche ou aider au club, j'aime beaucoup le fait de sentir la mer avant de la voir. Et toujours au club de voile (auquel je vais une fois par semaine en moyenne), je suis content de retrouver les gestes que j'avais appris avant de quitter Brest. Ma chère sœur me demandait l'autre jour où est-ce que j'essayerai d'aller lors de mon retour en France, et si je lui ai répondu spontanément "la Bretagne", c'est en bonne partie pour ça, je pense...

Enfin, une dernière petite chose toute bête que je n'ai pas entendue depuis presque 10 ans, c'est les aboiements d'un gros chien noir. Dans mon quartier il y a un chien qui aboie presque comme Gurun. Je repense à tous les problèmes qu'on avais avec le voisinage à cause de ces aboiements, et je me dis qu'en l'occurrence, ce n'est pas moi qui irait en faire à ce voisin là !

dimanche 1 février 2009

De la vie sans cothurne

De tous les changements que la vie Californienne apporte à mon quotidien, l'un des plus importants est l'absence de cothurnes... Mine de rien après 7 ans de vie à plusieurs, j'avais un peu peur de la brutalité du changement.

Pourtant, j'ai choisi de regarder dans les annonces Craigslist plus pour des appartements que pour des collocations. La seule expérience de collocation Américaine directement parvenue à mes oreilles ainsi que l'aspect plutôt estudiantin-festif des quelques annonces zyeutées par moi m'ont fait craindre le résultat de la loterie... J'avais envie de changement aussi, et puis j'ai fini par trouver (non sans mal d'ailleurs) un chouette appart' alors les rares collocations qui avaient l'air sympa n'avaient toujours pas répondu...

Au final, je suis plutôt content de ce choix parce que l'adaptation n'a pas été si difficile, je dirais même plus qu'elle fut plutôt agréable... Non pas que ma vie en colloc' fut désagréable, bien au contraire, mais comme je le disais, j'avais envie de changement...

Mine de rien, je réalise (du moins je crois, je leur laisse un droit d'objecter) que j'avais tendance à me reposer sur mes chers cothurnes pour pas mal de choses allant des tâches ménagères jusqu'aux activités distrayantes diverses et variées qu'ils pouvaient proposer...

Alors évidemment, me retrouvant tout seul, c'est à moi de tout assurer, de l'aspirateur à la programmation musicale (ce qui n'est pas nécessairement un mal pour ce dernier point) en passant par la vie sociale. Tout ceci me donne l'impression de vraiment mener ma barque (ou plutôt ma planche à voile) alors qu'avant je me laissais aller au gré ces courants.

Bref, puisqu'Obama a été élu, il fallait bien que, venant aux États-Unis, moi aussi, je change... Que je me mette à faire du ménage plus d'une fois tous les 3 mois, que je me remette à la planche à voile, que je varie mes menus (d'autant que je n'ai toujours pas trouvé de gnocchis ni de lardons ici... Mais j'ai pas beaucoup cherché non plus), et que j'essaye même de décrocher des jeux flash chronophages, mais c'est pas encore gagné... Enfin, je garde quand même l'essentiel, la danse (j'abandonne le rock pour les claquettes cependant), les jeux de plateaux et le ciné ont encore une place de choix dans mes activités...

Par contre, il y a encore deux choses que je n'arrive pas à faire régulièrement alors que ça me manque : lire des bouquins et écrire des lettres. Cette dernière activité n'a vu qu'une seule bafouille sortir de ma plume, et c'était il y a trois semaines, ce qui commence à faire long... Il faut vraiment que je décroche de ces fichus jeux (à l'attention de Jym, le dernier en date s'appelle Gravitat... Mais si tu suis la rubrique "Chronophage du jour" du journal Libération en ligne, tu trouveras tous mes pièges à temps).

dimanche 25 janvier 2009

Small differences...

Vous savez ce qui est le plus drôle avec les États-Unis ? Ce sont les petites différences... Il y a à peu près les mêmes choses ici et en Europe, mais il y a tout plein de petites différences. Par exemple, vous savez comment ils appellent un Royal Cheese au McDonald ? Un Quater-Pounder with Cheese... À cause du système de mesure anglo-saxon...

Sans vouloir vous la refaire à la Tarantino, c'est vrai qu'il y a pas mal de petites choses qui changent entre notre chère vieille Europe et ce nouveau et fringant continent. Je pense notamment à tout ce qui touche aux achats en général, du système de paiement à l'organisation des magasins...

Le système de paiement est, pour le coup, assez horripilant. Lorsque j'ouvris mon compte en banque, je me vis tout à coup doté d'un compte courant, d'un compte d'épargne, avec la carte de débit qui va avec, et on tenta de m'ouvrir un compte de crédit... La raison pour laquelle on ne l'a pas fait est que je n'avais pas encore de numéro de sécurité sociale... J'en ai un depuis deux semaines maintenant, mais je ne sais toujours pas si je vais aller à la banque pour faire les démarches me permettant de payer à crédit.

Pourtant, il paraît que ce serait pratique que je le fasse. Pourquoi ? Parce que ça m'éviterait de payer une caution à chaque abonnement (gaz, électricité, téléphone) que je prends, ça me permettrait d'avoir un découvert sans payer 40$ par transaction quand mon compte est en négatif etc... Mais que voulez-vous, je n'aime pas l'idée de pouvoir avoir des dettes envers des gens que je ne connais pas, et qui pourraient même être totalement inamicaux en ce qui concerne les questions d'argent. D'autant que c'est le genre de trucs où le paiement différé est de mise, et tête en l'air comme je suis, j'oublierais et me retrouverais avec des arriérés à payer, non merci ! Donc, je me suis résolu à avoir de l'argent un peu partout dans la nature... Du moment que je le récupère au final...

Pour ce qui est de l'organisation des magasins, autant vous dire que ça peut être assez rigolo. Commençons par les magasins spécialisés. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes qu'en France (on trouve des magasins d'aspirateurs, et uniquement de cela, par contre je n'ai pas encore trouvé la moindre papeterie), par contre s'ils sont spécialisés, ils n'hésitent pas une seconde à se diversifier. Ainsi il est possible de trouver du bœuf pour faire un barbecue à la droguerie du coin, et si vous cherchez un téléphone, une "pharmacie" pourrait très bien faire l'affaire...

Les magasins généralistes et les supermarchés sont quant à eux, à peu près comme les nôtres, à deux différences près... Tout d'abord, on y trouve des produits Américains, jusqu'ici, rien d'anormal... Par contre, l'organisation desdits produits dans le magasin laisse parfois à désirer. Il est tout à fait possible de trouver deux produits identiques (de marque différente ou pas) à des endroits qui n'ont absolument rien à voir (du papier toilette au milieu des produits d'entretien de la salle de bain, ça ne vous choque pas ? Près des cartes de vœux, c'est moins banal)... Il y a certainement une logique derrière ça, mais elle m'échappe. Sans doute devrais-je demander des cours à une organisatrice de gondoles de mes amies à l'occasion...

Enfin, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre !

lundi 22 décembre 2008

Rêves et bestioles

Comme je l'ai sous-entendu hier soir, je suis dans une période intense au niveau de mon travail. Il me faut comprendre le problème de base de mon projet de recherche, ce qui était relativement facile, ainsi que les ramifications que ça a, ce qui l'est nettement moins.

J'eusse aimé avoir en main toutes les clefs menant à la compréhension de mon problème avant les vacances et j'ai donc pas mal travaillé à essayer de comprendre la rupture de symétrie dans un état singulet, ce qui est facile lorsque la molécule n'est pas symétrique, mais vachement plus subtil quand elle l'est aussi.

Vous me direz : pourquoi vous raconté-je cela alors que le titre de ce billet c'est "rêves et bestioles" ? J'y viens. N'arrivant pas à mes fins, alors que j'ai l'impression que n'importe qui dans le labo pourrait prendre 5 minutes et résoudre mon problème (ils sont forts, très forts), je suis dans un état un peu remonté (contre Dame Nature, qui rend les choses si compliquées), et j'ai par conséquent un sommeil agité.

Ce week-end, je me suis donc fait 2 tours de cadrans à dormir d'un sommeil réparateur mais ponctué de nombreux rêves. En fait, toute la partie nocturne de ma semaine a été émaillée de rêves plus ou moins curieux. Je vais donc vous raconter des histoires de raton-laveur, d'écureuil (avec trop de queues) et de matrice densité.

Ce que je trouve intéressant avec les rêves, c'est qu'on arrive souvent à mettre en relation avec quelque chose de la vie réelle, mais que ça peut-être passablement alambiqué. Dans le cas des écureuils ou des matrices densité, vous verrez que c'est assez clair, mais le fait que j'aie rêvé qu'un raton-laveur avait élu domicile sous ma maison est plus curieux. Tout ça parce qu'en sortant les poubelles dimanche dernier, j'ai dérangé un animal que j'ai cru être le chat du voisin, alors que c'était un truc indéterminé et peureux, qui s'est enfui quand j'ai bougé la poubelle, et dont je n'ai vu que la queue. Queue qui m'a fait penser à une queue de rat, mais je ne crois pas qu'un rat ait des pattes de 10 cm de long (ce qui était déjà gros pour un chat). Je me suis posé la question (et me la pose encore) de quel animal il pouvait bien s'agir. L'image d'un gros rat haut sur patte m'a trotté dans la tête quelques temps, et j'en ai même rêvé sous la forme de quelque chose d'aspect vachement plus sympathique : un raton-laveur. Maintenant je me demande si même cette histoire de poubelle, je ne l'ai pas rêvée. Cette certitude d'avoir vu cette bestiole ainsi que la légère inquiétude (en grande partie effacée par le rêve du raton) due à son apparence ainsi qu'à mon ignorance totale de ce que c'était vraiment rendent cette perception très Lovecraftienne je trouve.

Mais passons, j'ai dit hier soir que je parlais de choses rigolotes. Et les écureuils c'est vachement plus rigolo (non ce n'était pas un écureuil : à 20h, en hiver, les écureuils dorment... Et puis ils ont une queue touffue), et en plus il y en a partout ici, ce qui n'est pas pour gâcher. Enfin, quand je dis mignon, je parle de l'écureuil gris en Amérique. Parce qu'il semble qu'une fois exportée vers l'Europe, cette petite bestiole devienne une vraie teigne qui bousille les arbres et prend le territoire de son cousin Européen (et Roux... Moi qui croyait que les Roux étaient Mexicains (;-)=)... Croisant donc en moyenne 3 ou 4 écureuils gris en allant au boulot, j'ai fini par rêver qu'un écureuil (gris) à deux queues (noires, allez savoir pourquoi) se baladait sur le campus près du Campanile dont vous pouvez voir la photo sur le billet précédent. Tout aussi mignon et craintif que ses confrère rongeurs, affairé, et ne laissant tomber sa pomme de pain qu'au dernier moment pour se réfugier dans le premier arbre venu. Mais cet écureuil là, j'en suis sûr, il était onirique. En y réfléchissant, j'ai peut-être une explication pour les deux queues : j'ai regardé "Princesse Mononoké" cette semaine. Et la louve dans ce film possède elle aussi deux queues... Comme quoi, tout se retrouve.

Enfin, ce matin, entre 9h et 11h, j'étais plongé dans un demi-sommeil où je me demandais s'il était possible pour moi d'être à la fois éveillé et endormi, et quelle serait alors ma matrice densité (note : la matrice densité est l'outil qu'un RMNiste utilise pour représenter les états quantiques d'un grand ensemble de spins), et à quel Hamiltonien j'étais soumis... Heureusement que je suis en vacances dans 2 jours. Une petite visite de San Francisco, et d'un parc national devraient remettre un peu d'ordre dans mon cerveau fatigué.

dimanche 14 décembre 2008

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Encore une semaine que je n'ai pas vu passer ! Rien d'étonnant à cela, ceci dit, j'ai eu pas mal de choses à faire, tant au labo qu'à la maison. Pour le labo, je raconterai un peu ce qu'il en est dans un autre billet (notamment sur le fait de se retrouver brutalement à essayer de donner un orientation à la recherche de 3 personnes, moi inclus).

Pour la maison, c'est une autre paire de manche. Là aussi il faut prendre des initiatives, mais je suis un peu plus bridé puisque j'attends toujours que la princesse me rembourse (voir le billet précédent).

J'ai néanmoins un plumard (mais ce n'est pas une surprise), mais surtout je commence à me donner les moyens de faire de la cuisine. Sur ce plan, j'ai plutôt de bonnes surprises. Non seulement j'ai pas mal de bons produits pas très loin de chez moi (Natural Grocery Store), mais en plus je trouve plein d'équipements à la fois dans le système métrique et dans le système anglo-saxon (pour les masses et les volumes), ce qui me facilitera grandement la tâche de la retranscription des recettes du spondy ou de la luciole...

Autre grande avancée de la semaine, qui a vu sa conclusion aujourd'hui, c'est l'obtention d'internet et du téléphone chez moi. Ce genre de choses eût dû arriver il y a 3 jours de ça, mais parmi les 3 prises téléphone de ma maison, les deux plus visibles étaient mortes.

J'ai découvert la 3e prise aujourd'hui, cachée sous une grosse couche de peinture. Elle a le double avantage d'être fonctionnelle et bien placée, tout va donc bien les copains, je suis connecté.

La suite des évènements ce sera l'arrivée d'une table, de 4 chaises et d'un micro-ondes, ainsi que l'achat futur d'un canapé pour pouvoir accueillir les oiseaux de passage que j'espère nombreux !

vendredi 5 décembre 2008

Home sweet home...

Voilà déjà 5 jours depuis mon premier billet sur ce blog, et 12 jours depuis que je suis ici... C'est face à de telles constatations (dont l'évidence ferait même rire Lapalisse) que le pilleur de Desproges que je suis écrit : "comme la pilule, comme le stérilet, comme le temps passe..." Et d'ajouter précipitamment "mais je m'écarte du sujet, et ce n'est pas en s'écartant du sujet que l'on va repeupler la France".

Parce que le sujet du jour, c'est le début, vu que j'ai déjà raconté la fin la semaine dernière.

Donc : ça y est, je passe ma première nuit dans mon nouveau "chez moi" !

Pour commencer, je vais vous décrire l'endroit. C'est une petite maisonette à l'arrière d'une maison plus grande, avec une chambre, un séjour, et une cuisine plutôt grande et bien équipée (cuisinière à gaz, frigo, machine à laver, sèche linge). La salle de bain est propre, et il y a même une baignoire. L'endroit est plutôt bien orienté et dans un quartier vraiment tranquille. À proximité du centre-ville local (El Cerrito), ainsi que du transport rapide trans-baie de San Francisco (le BART) pour le cas où il pleuvrait trop pour aller au labo en vélo (5 miles quand même !).

Bref, une maisonnette pas toute neuve, ni vieille, mais plutôt bien entretenue et confortable... Enfin, quand j'aurai mon plumard ! Oui parce que là, je m'apprête à passer une nuit à même le sol (heureusement que la moquette est neuve), suite à une recherche peu fructueuse de lit bon marché et disponible rapidement. J'ai fini par opter pour le moyen marché qui me convient très bien (futon), disponible rapidement (demain soir). Bon, je me suis laissé arnaquer à prendre un futon cover à 100$ alors qu'il y avait des alèses chez ikea pour 2 ou 3 fois moins, mais heureusement pour moi, ils ne font pas payer la livraison ("you're lucky" me disait la vendeuse... Mouais).

Mais avant d'arriver à louer cette demeure petite-bourgeoise, j'en aurai envoyé des dizaines de mails, et fait des dizaines de kilomètres à pieds entre Berkeley, Albany et El Cerrito, les trois villes à distance raisonable de mon labo et pas trop craignos pour le frêle Européen que je suis.

Il faut dire que, mine de rien, sur Craigslist, les gens sont timides. Ils ne répondent pas trop aux mail (et je n'ai toujours pas de téléphone, vachement plus pratique dans ce but), ou bien s'ils répondent, ça peut-être du scam... Bon, et puis il faut dire aussi qu'arriver pendant Thankgiving n'est pas forcément une bonne idée, les gens sont plus occupés à farcir leur dinde (oh oh !) qu'à louer des apparts !

Mais au final, j'ai quand même fini par visiter une (petite) dizaine d'appartements. J'ai vu diverses choses : du taudis (à 900$/mois quand même), vieux, froid, délabré (appelé cottage, sans doute pour faire rustique) au somptueux palace depuis lequel j'écris ces lignes, en passant par l'immeuble que je n'ai pu visiter, faute de manager/landlord au rendez-vous, mais sans regret : les ordures dans la cour, les musiques à fond la caisse s'échappant de deux ou trois apparts, les mecs qui crachent sur le palier, n'ont pas des masses contribué à me mettre dans un climat de confiance (traitez moi de chochotte si vous voulez, ça me passe au dessus (;-)=).

À l'extrême opposé, j'ai aussi eu le droit, pendant que Pierre était encore là, à un discours du genre "oui, vous pouvez louer ici, c'est très sûr. On ferme tout à clefs, on se connaît tous, du coup si on voit un visage qu'on connaît pas, on peu intervenir..." Bienvenue en Amérique !

Donc après 12 jours à l'hôtel (dont 10 aux frais de la princesse... Avancés par moi, faut pas pousser (;-)=), me voici à dormir par terre en attendant que mon futon se fasse. J'ai une couette et des oreillers, c'est le principal ! Il ne manquera plus que les tatamis, mais ça ce sera pour quand la princesse m'aura remboursé !

Post-scriptum : j'ai plutôt passé une bonne nuit, ma couette et ma moquette sont très confortables à elles deux !

vendredi 28 novembre 2008

Et si c'était par la fin que tout commençait ?

Je lisais beaucoup de bouquins (de Roald Dahl notamment) qui avaient une quatrième de couverture portant ces mots quand j'étais petit. Je les trouve plutôt bien adaptés pour le cas présent : dire tout ce que je n'ai pas réussi dire avant de partir de France, raconter comment j'ai vécu la fin de cette longue période Lyonnaise.

Parce que mine de rien, ils s'en sont passées des choses en 7 ans, au niveau travail, famille, patrie (eh oui, Le Pen au second tour, c'était en 2002), et surtout amis, dont le nombre dans mon entourage à sacrément augmenté.

Et donc il a fallu ranger tout ça : tous ces papiers divers, de l'administratif au personnel en passant par tout mon travail qui a progressivement évolué du travail d'étudiant à celui de chercheur débutant.

Il a fallu aussi voir tout le monde, profiter de vos présences avant cette mise en distance de nos relations. C'était bizarre d'être à la fois content de vous voir et un peu cafardeux de vous mettre entre parenthèse (avec intermèdes, et j'y tiens) pendant tout ce temps.

D'autant que mon organisation déjà peu optimale d'ordinaire était devenue carrément catastrophique avec le bazar supplémentaire induit par mes problèmes de visa.

Me voilà donc arrivé, je suis encore dans une période de transition puisque je ne suis pas encore installé, je n'ai pas encore de projet scientifique bien défini, pas d'appartement pour l'instant mais ces choses viennent, je profite juste de la pause de Thanksgiving pour raconter mes états d'âme pré-departum sur la toile. Ce n'est certes pas très pudique, mais je ne crois pas l'avoir jamais beaucoup été en matières d'états d'âmes de toutes façons.

Voici donc le blog du Hibou qui commence par la fin, mais promis, je vais me mettre à raconter le début dès qu'il y aura lieu de le faire.