Un Breton à San Francisco

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mercredi 2 septembre 2009

Le mixer : suite et fin

Aha ! Vous ne vous attendiez pas a la suite des aventures du mixer, n'est-ce pas ? Eh bien moi non plus. Et il faut bien avouer que la suite est courte, et tragique. La brave et bruyante petite machine nous a quitté hier soir peu de temps après que j'ai confectionné mon smoothie ananas-banane-jus de pomme-lait de coco.

Au cours de cette difficile opération qui consiste à mixer des fruits biens mûrs et des liquides (je rappelle que la brave bestiole est sensée pouvoir piler de la glace), le mixer dont nous avons déjà relaté les aventures explosives s'est mis à expédier des petits bouts de plastique par sa base, et à méchamment pédaler dans la semoule (enfin dans le smoothie ananas-machin-truc). Le mécanisme d'entrainement des pales qui fait la liaison entre le moteur et le récipient s'est cassé les dents (au propre) contre les dangereuses fibres exotiques. Et le mixer dont le moteur encore vaillant, certes, mais dorénavant inutile criait (au propre aussi) de le laisser vivre. Je n'ai pas eu le cœur de le voir ainsi souffrir, je l'ai débranché pour la dernière fois à 20h43, heure constatée pour le décès.

Il repose en paix au milieu des bouteilles en plastique et des boîtes de conserves en partance pour le recyclage, il prendra la route de son ultime demeure lundi prochain(1). Requiescat In Pace.

P.S. J'ai enfin écrit mes cartes postales, elles partiront demain. Les lettres devraient partir d'ici la fin de la semaine !

(1) Enfin si je ne me ravise pas pour tenter de le réparer, mais il faut bien reconnaitre qu'à l'usage, c'était une telle bouse que je pense que j'y gagnerai à en racheter un autre. Il faut croire que Black & Decker savent mieux faire des perceuses que des mixers, allez comprendre !

dimanche 5 avril 2009

The Dim Sum experience

Bon, suite à un départ en conférence, et une faiblesse assez déprimante du signal wifi dans ma chambre, je n'ai pu poster de billet la semaine dernière. Suite à une invasion de sage femmes j'ai assez peu de temps pour vous raconter cette expérience culinaire qui précéda de quelques heures la blessure qui a provoqué le précédent billet.

Mais donc, à l'initiative de ma cobureaute chinoise, nous étions allés ce samedi 21 mars manger entre collègues dans ce type restaurant chinois. Alors moi, pauvre petit européen ne connaissant que les nems, poulet au curry et riz cantonnais, j'en ai pris plein la vue et les papilles.

Déjà, le principe est très différent du restaurant "classique" : on y va pour un brunch, et on ne fait pas de commande, les plats viennent tout seul à la table, charge aux connaisseurs (en l'occurrence Xi) d'accepter ou de refuser. Le fait d'accepter provoquera donc le transfert du plat "cible" du chariot vers la table, ainsi que l'apparition d'un coup de tampon sur la feuille d'addition sur la table. Bref, une vraie machine à explosion d'estomac, et accessoirement de portefeuille (les prix peuvent varier du simple au triple suivant les restaus)...

DimSum2.JPG

Au niveau culinaire donc, c'est pour beaucoup des variations sur les raviolis (vapeur, frits, grillés, fruits de mer, viandes et j'en passe), avec pas mal d'autres spécialités "comme on n'en trouve pas chez nous" (comme des pieds de poule confits, succulent !), avec du thé à volonté, et de temps en temps un petit dessert (qui n'empêche pas de s'envoyer du canard frit juste après)...

Bref, San Francisco est sans aucun doute beaucoup plus proche de l'Asie que ma cité du Ponant natale ! J'espère bientôt découvrir la cuisine Coréenne, Thaïlandaise, Japonaise, Viet-Namienne ou autre...

DimSum2.JPG

vendredi 16 janvier 2009

Le mixer

Bon, c'est pas le tout d'équiper sa cuisine, encore faut-il que je raconte comment je m'en sers... Et comme l'une de mes résolutions de mon passage aux États-Unis était de me faire moi-même une bouffe plutôt saine, il y a du boulot sur le sujet !

Or donc entre tous les bon p'tits plats que je m'étais faits jusqu'à la semaine dernière, la soupe était la seule exception à la règle du "fait par mézigue". Mais v'là-t-y pas qu'entre l'achat d'un aspirateur et celui d'un vélo, je me suis dit qu'un mixer, ça ne serait pas mal pour faire des soupes, justement. En plus, il n'y a pas que les soupes dans la vie, il y a aussi les smoothies et les piña coladas...

C'est donc armé de mon mixer flambant neuf (et Allemand) que je me suis lancé dans la confection d'une soupe que j'avais déjà faite trois ou quatre fois avec un robot-marie bien d'chez nous. La confection de la soupe n'étant pas spécialement intéressante en soi (voir plus bas pour ceux intéressés par la recette), je passe directement à la partie marrante : le mixage.

Donc, à la différence du robot-marie, le mixer de style Américain (le genre "Will It Blend" version Black & Decker) est formé d'un récipient plus ou moins fermé, et assez haut, ainsi que d'un moteur pour entraîner les hélices situées au fond du récipient. Le "plus ou moins fermé" a son importance... Et, contrairement à ce que le lecteur pourrait penser, il vaut mieux qu'il soit plutôt moins fermé que plus... Dans une certaine mesure, entendons-nous bien.

Prenant donc mon courage (et mon fait-tout) à deux mains, je remplis le mixer avec le mélange de liquides et de solides chauds, non pas au maximum, mais aux 2/3. Je craignais en effet une petite farce de la physique de type "tout liquide en rotation dans un récipient fermé grimpe aux rideaux". Et pour ne pas prendre de risque, je mis le couvercle et appuyai fortement sur le petit bouchon mal fixé (à dessein, mais je ne le réalisais alors pas) sur le dessus...

Et là, erreur fatale ! La pratique-du-chimiste-ayant-déjà-utilisé-une-ampoule-à-décanter-avec-un-solvant-volatil, restée au placard pour le coup, eût dû me faire remarquer que mon liquide était chaud mais que l'air au dessus n'était pas saturé de vapeur au moment de la fermeture. La petite alarme de l'encadrant de TP de chimie qui d'habitude dit : "putain, Roux, mais t'es vraiment trop con !" "attention, situation dangereuse", eût alors sonné, sachant que La pression dans le bouzin allait augmenter (dans le pire des cas, doubler, peu probable cependant) au moment où j'allais commencer à mixer la soupe.

Les circuits de sécurité du Hibou n'ont donc pas fait leur office, et ce qui devait arriver arriva : la pression monta dans le mixer et repoussa le couvercle (maintenu par moi, je ne suis pas très costaud, mais quand même !) vers le haut. Et comme la physique, en plus de faire de la thermo, faisait toujours de la mécaflu, ladite soupe monta allègrement jusqu'au bord du couvercle. Le mélange forte pression+liquide sur une petite ouverture fit son office et généra donc une jolie fontaine de soupe dans ma cuisine...

Mixer 1 - Hibou 0

Voulant nettoyer ce bazar, je voulus retirer le récipient du socle moteur. Pour ce faire, il fallait le dévisser d'un quart de tour... Mais ce que je n'avais pas prévu, c'est que les hélices, qui forment le fond du récipient, n'en étaient pas complètement solidaires... Elles pouvaient se dévisser elles aussi... Voilà donc que je dévisse mon récipient en le tenant par l'anse (et non la base), et que je l'amène vers le fait-tout pour le vider. Je constate alors comme une fuite en bas... J'ai eu le bon réflexe cependant (il était temps !), je me suis tourné vers l'évier en retenant d'une main le fond du pichet, qui a fini par céder, répandant le reste de ma première moitié de soupe dans l'évier, snif !

Mixer 2 - Hibou 0

Fort de ces expériences malheureuses, j'ai réussi à mixer le reste de la soupe et à faire un repas convenable (mais sans reste pour une fois). Maintenant, j'ai acquis une meilleure maîtrise de l'objet : je laisse légèrement ouvert quand je commence à mixer des liquides chauds, je le dévisse en tournant la base etc... J'ai ainsi pu me faire une bassine de soupe aux légumes ce soir, avec juste un peu d'éjecta, mon dosage de l'ouverture du bouchon dans les premiers instants n'étant pas encore tout à fait optimisé...

Score final :

Mixer 2 - Hibou 1

C'était un beau match, et en guise de 3e mi-temps, la recette de la soupe :

Il faut :

- 4 courgettes

- 2 oignons

- 1 gousse d'ail

- 1 (ou 2 ou 3...) fromage(s) de chèvre (frais c'est bon, mais demi-sec c'est mieux)

- 1 cuiller à soupe de moutarde (facultatif, ça acidifie pas mal quand même)

- cumin, sel, poivre (et éventuellement muscade, mais c'est pas obligé)

Coupez les légumes et mettez-les dans le fait-tout, recouvrez d'eau, salez, poivrez, épicez à votre gout. Laisser cuire 20 à 30 minutes puis coupez le feu. Ajoutez le fromage et mixez (ahah).