Je ne me suis toujours pas attelé à la lourde (hum hum) tâche d'écrire mes
cartes postales (enfin je me rends compte que, toujours aussi doué, je n'en ai
pas acheté assez), et donc, pour vous faire patienter, voici un petit récit
bloguesque de notre périple familial au parc national de Yellowstone.
Pour vous présenter le tableau, le périple comportait quelques composantes à
risque : un voyage de 3200 km aller-retour, camping pendant une semaine,
le tout en famille donc, ce qui peut parfois mener au clash rapidement
(pensez-vous, depuis 30 ans qu'on se connaît tous, on sait comment se faire
tourner en bourrique).
Pour la partie trajet, nous avons donc fait San Francisco - Yellowstone en
bagnole. Évidemment, ça prend du temps, mais ça nous a permis de vérifier les
dires de mon cothurne et de sa douce : les hôtels-casino du Nevada sont de
très bon plans vous voulez dormir pour pas cher (en semaine uniquement, le
samedi c'est bondé). Après avoir mis nos montres à l'heure des montagnes, nous
avons pu enfin aborder le parc par l'entrée sud (nous étions 4 à vouloir passer
par l'ouest, plus rapide, mais papa
voulait passer par le sud, nous avons donc pris l'entrée sud). Le but de la
manœuvre était de voir la chaine de montagne du Grand Téton (oui, on en a
déduit que les trappeurs qui l'ont baptisée ne devaient pas avoir vu de femme
depuis longtemps) qui était fort jolie, il est vrai, mais que nous avions prévu
de voir au retour...
Bref, ceci étant fait, nous avons pu poser nos tentes dans un camping de
Grant Village, à proximité de la majorité des geysers de Yellowstone. Car il
faut savoir que dans ce parc, il y a trois grands types de choses à faire, du
plus « banal » au plus exotique : faire de belles randonnées,
voir des animaux sauvages, voir des manifestations géologiques rigolotes comme
des geysers, des pots de boue, des fumerolles, des rivières bouillantes, des
coulées de lave ayant formé des orgues, des arbres fossilisés, et j'en
passe.
Alors, comme de bons touristes que nous étions, nous avons commencé par le
Vieux Fidèle, vous savez, ce geyser presque aussi régulier qu'une horloge, qui
évacue quelques tonnes d'eau bouillante toute les heures, à peu près. Bon, je
vais faire le blasé, mais il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Par
contre, le bassin de geysers et de sources qu'il y avait derrière (upper geyser
basin) valait franchement le détour :




Et puis, le vieux fidèle, il crache peut-être souvent, mais c'est pas
impressionnant par rapport à ce qu'on a pu voir du Grand geyser (de loin et
sous l'orage, mais ça défrisait quand même (1)) !
Cette première journée nous a ensuite fait voir les deux autres bassin
autour de Grant village (midway et lower geyser basins) avec notamment la
fameuse source de Grand Prismatic qui valait bel et bien le détour :

Nous avons ensuite passé les deux jours suivant à faire une randonnée autour
du lac Shoshone : « le plus grand lac d'altitude non accessible par
la route » - oui, les américains aiment bien dire que c'est eux qui ont la
plus grosse... Réserve d'eau d'altitude préservée de la civilisation, bien
entendu ! Un coin riant et bucolique, mais affreusement pourri de
moustique ! Mais bon sang quelle belle randonnée ! La première
journée nous a fait avancer sur un chemin en gravier d'obsidienne au fond d'une
vallée verte et pleine de fleurs sauvages. La fin de la marche, bien qu'un peu
dure(2) nous a fait arriver à notre campement au bord du lac, où nous avons pu
nous baigner avant de flipper sur la possibilité de se faire à bouffer étant
donné que le réchaud à essence du beau-frère donnait quelques signes de
faiblesse. Mais le beau-frère en question a assuré comme un dieu, et nous a
permis d'avoir à boire et à manger juste avant que l'orage n'éclate. Après ça,
il n'y avait plus qu'à accrocher les sacs à l'abri des ours, et dormir sur nos
deux oreilles.


Le retour se fit sans encombre, et nous sommes arrivés au parking de fin de
parcours en même temps que l'orage(3).
Nous avons alors pu nous diriger vers le bassin de Norris le lendemain, où
nous avons conquis une place de camping de haute lutte (et non sans honte pour
ma pomme, mais ne nous égarons pas sur les détails douloureux) avant de partir,
sur les deux jours suivants, pour les terrasses de Mammoth hot springs(4), le
canyon de la rivière Yellowstone (et ses impressionnantes chutes d'eau), ou
bien encore la vallée de Hayden, pleine de bisons et d'une louve et son petit,
vus à la lunette d'un ranger qui expliquait fort bien la vie de ces gros
toutous sauvages. En vrac, ça donnait ça :



(Dédicace toute spéciale à Pierre D. pour celle là !)



Étonnant non ?
Enfin, nous nous sommes dirigés vers la vallée de Lamar, connue pour
l'abondance de sa faune (antilope, bisons, ours, loups), et encore une fois,
les bisons étaient au rendez-vous (on a même cru qu'ils nous empêcheraient de
redescendre de notre balade jusqu'aux arbres fossiles), ainsi que quelques
antilopes, un vieux loup rabougri, et peut-être une ourse et son petit vus à la
jumelle par mon cher beauf', mais le temps de décrire leur position, ils
s'étaient cachés(5). C'est en faisant route vers notre camping final que nous
avons étés arrêtés par un attroupement sur la route : six loups faisaient
leur sieste à quelques centaines de mètres de là, offerts aux objectifs des
appareils et longues vues des touristes et amateurs de faune sauvage... Un vrai
régal, d'autant que certains des amateurs sus-décrits laissaient volontiers les
touristes regarder dans leur lunette, à la seule condition de garder les loups
(qui se déplaçaient) dans le champ de vision du bidule.

Nous sommes donc repartis le lendemain, non sans passer par le parc de Grand
Téton encore une fois où, bien qu'arrivant tardivement, nous avons pu voir
quelques castors à l'œuvre(6). Nous en avons aussi profité pour passer voir le
grand lac salé, avec en prime un magnifique coucher de soleil sur Antelope
island... Enfin, quand je dis « nous », j'avais un mal de tête (ça
faisait longtemps) qui m'a un peu plombé la beauté du moment. Mais c'était beau
quand même !


Je passerai sur les détails du retour, nous avons fini par arriver sains et
saufs en Californie, où mes chers visiteurs ont pu préparer la suite de leurs
séjours respectifs. Ils se sont vraisemblablement bien plus dans les parcs de
l'Utah et de Californie, et m'ont donné encore plus envie de me balader dans
ces coins. Promis, je ferai des billets quand j'y serai allé. De toutes façons,
il serait dommage de ne pas profiter de tout le matos que ce voyage m'a
apporté : une tente, un sac de couchage, deux glacières, une table
pliante, cinq chaises pliantes, un réchaud à gaz double feu et une lampe à
gaz ! Ah, et bien sûr, le passe annuel pour tous les parcs nationaux des
États-Unis !
Moralité : à bientôt pour de nouvelles aventures !
(1) et dois-je vous rappeler que votre serviteur n'a, en général pas
beaucoup de cheveux.
(2) presque deux heures de petites montées et descentes dans un bois fort
joli, mais qui ne laissait aucun indice sur le moment où nous arriverions.
(3) vous commencez à le comprendre mon "running gag" là, non ?
(4) et sa "boiling river" où nous nous sommes baignés sur les conseils d'un
Gnome
(5) on en déduit donc que je suis l'homme qui a vu l'homme qu'a peut-être vu
l'ours... En fait c'est même mieux que ça, ma sœur et son mari ont eu tout le
loisir d'observer des ours noirs au parc de Yosemite après ça...
(6) castors qui n'avaient rien à voir avec ça